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Language:
Français
Series:
Part 1 of is it better to speak or to die ?
Stats:
Published:
2023-04-16
Updated:
2025-03-19
Words:
128,168
Chapters:
15/?
Comments:
33
Kudos:
6
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1
Hits:
440

L'ange et l'homme

Summary:

Et l’homme peut-il donner à l’homme l’intelligence de ces mystères de gloire ? L’ange à l’ange, ou l’ange à l’homme ? Non ; c’est à vous qu’il faut demander, c’est en vous qu’il faut chercher, c’est à vous-même qu’il faut frapper ; ainsi l’on reçoit, ainsi l’on trouve, ainsi l’on entre. Ainsi soit-il.
Les Confessions, Saint Augustin.

❝ Lorsque je vous ai connue, vous aviez cette même robe, et une lueur dans les yeux. Je n’étais qu’un misérable. Je ne vous mérite pas, ma douce. Vous avez vu quelque chose, vous avez senti et espéré avec moi. Je n’ai pas été un bon homme, religieux encore moins. Mais vous n’avez reculé. Vous avez attendu et j’ai compris. Et dans tout le désespoir qui hante mon âme, vous êtes un ange, et je ne suis qu’un homme.

— Mon cher, je vous aime : il n’y a que ça de vrai. Et dans toute la souffrance du monde, vous avez vu une étincelle : je ne vous blâme pas. Reposez votre tête sur mon épaule. Vous avez mérité le sommeil. ❞

Chapter 1: — Mort, caractère et héritage de Louise-Gabrielle de Fontainebleau. — Son histoire et sa liaison intime avec les corps de mousquetaires du roi Louis XIII. — Sa liaison intime avec mon père et l’abbé d’Herblay. Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon.

Summary:

Il s’écrie : Jusques à quand ? Il s’écrie : Apprenez ! —Et moi, dans ma longue ignorance, j’ai aimé la vanité, j’ai cherché le mensonge ! C’est pourquoi j’écoutais en frémissant, je me souvenais d’avoir été un de ceux que ces paroles accusent. J’avais pris pour la vérité ces fantômes de vanité et de mensonge. Et quels accents, forts et profonds, retentissaient dans ma mémoire endolorie ! Oh ! que n’ont-ils été entendus de ceux qui aiment encore la vanité et cherchent le mensonge ! Peut-être en eussent-ils été troublés, peut-être eussent-ils vomi leur erreur ; et vous eussiez exaucé les cris de leur cœur élevés jusqu’à vous ; car c’est de la vraie mort de la chair qu’est mort Celui qui intercède pour nous.
Les Confessions, Saint Augustin.

Notes:

imaginez Jacques Toja en Aramis et tout le cast de l'adaption de 1961 et Linda Darnell de Forever Amber en Louise-Gab hihi

Chapter Text

— Mort, caractère et héritage de Louise-Gabrielle de Fontainebleau. — Son histoire et sa liaison intime avec les corps de mousquetaires du roi Louis XIII. — Sa liaison intime avec mon père et l’abbé d’Herblay. 



        Ce fut le 26 juillet que mourut Louise-Gabrielle de Fontainebleau. J’eus la chance d’avoir noué avec elle, quelques années avant sa mort, une liaison intime qui perdura jusqu’à sa disparition. Elle avoit été une grande amie de mon père, Claude de Rouvroy, du temps de son amitié avec le roi Louis XIII et avoit participé à son retour en grâce en 1643. Mme de Fontainebleau avoit été liée dans sa jeunesse aux membres des corps de mousquetaires du roi Louis XIII, ces soldats si dignes et au cœur de tant de puissantes cabales ; elle s’étoit distinguée par son retrait de la cour lors de la Fronde et avoit menée après une longue vie paisible loin des commérages de la cour. Elle s’étoit mariée avec l’un des membres les plus renommés de cette troupe, l’abbé d’Herblay et qui se donna, peut-être facétie de jeune adolescent, le surnom d’Aramis, qui avoit parjuré ses vœux de chasteté bien plus de fois que la duchesse de Berry une fois débarrassée de son époux. De leur union naquirent deux fils, l’un, Florent, qui devint auteur de fameuses pièces de théâtre, et l’autre, Philippe, qui pardonna les péchés de son père en prenant les ordres et deux filles, Hélène, qui se maria avec un prince polonais du nom d’Ivan Wielopolski et la seconde, Diane épousa un noble Rétais, François de Chalais, qui fit grande fureur dans les salons littéraires de son temps, et devint une sorte de Mme de Sévigné sans l’amour démesuré et quelque peu pathétique pour sa fille. Louise-Gabrielle de Fontainebleau fut une dame de grand caractère, on ne pouvoit avoir plus de douceur, plus de ruse, plus de volupté oserois-je même à avancer, qu’elle en ces temps que fut la cour du roi Louis XIII. Elle avoit été l’une des femmes les plus soignées et lettrées de cette époque et un esprit de bon conseil, une compagne agréable et parfois trop rêveuse, sa joie lui empêcha pourtant bon nombre de fois de voir la réalité cruelle de la vie. Elle fut pour Mme de Saint-Simon une amie de très bon conseil. Arrivée en 1625 à Paris, elle fit rapidement la connaissance des mousquetaires du roi et de l’abbé d’Herblay à un bal masqué où celui-ci n’avoit point été invité et ne se revirent que quelques mois plus tard lorsqu’il devint l’amant de la duchesse de Chevreuse et rompit pour la première fois ses vœux. Lors des affres que fit subir Anne de Breuil et le comte de Rochefort firent subir à la reine Anne d’Autriche, Louise-Gabrielle de Fontainebleau s’illustra par l’affection et la tendresse qu’elle démontra à l’encontre de la Reine et de son entourage ; elle devint un temps dame d’honneur à son service avant de se retirer dans un couvent après la trahison de l’abbé d’Herblay lors de la Fronde. Elle lui pardonna cependant, sans doute trop amoureuse et passionnée pour pouvoir vivre sans lui et ils s’unirent devant Dieu, lui-même ayant définitivement renié ses vœux religieux ; une dernière brouille les sépara entre 1663 et 1666 où l’ancien abbé d’Herblay fut contraint de fuir suite à l’échec de sa cabale ; il revint d’Espagne gracié et duc, mais traître et honni par les hommes qu’il avoit jadis appelé amis. Durant les années de règne du Roi Louis XIII, Mme de Fontainebleau noua une liaison intime avec mon père, Claude de Rouvroy, futur duc de Saint-Simon ; il s’étoit fait connaître comme premier écuyer de France puis comme Grand louvetier de France et apparut trois fois dans les ballets que donna le Roi Louis XIII à sa cour. Il devint une âme de bon conseil pour Mme de Fontainebleau, prise dans les cabales et les passions humaines. Leur liaison intime dura jusqu’à la mort de mon père en en 1693 et il lui rendit son amitié en nommant feue ma sœur Gabrielle-Louise en son hommage. Il me faut cependant interrompre le fil de cette digression pour ne point laisser les événements où je les ai laissés.