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C’était une bonne après-midi habituelle pour les frères Moriarty. Albert était parti représenter la famille dans le monde des nobles comme il le faisait habituellement. William était en train de lire un article de presse sur un nouveau criminel étant apparue dans les rues de Londres. Rien qui n’attirerait son attention de toute façon. Il pouvait déjà dire qui était très probablement le tueur. La police allait bientôt le découvrir également. Ils n’étaient pas si stupides. Il allait leurs laisser l’affaire. Louis était en train de préparer du thé, regardant occasionnellement son grand frère, observant son environnement.
Personne ne le savait si observateur. Il n’était peut-être pas un génie comme William, mais il était capable de dire lorsque quelque chose clochait. En particulier quand ça venait de son frère. Il le connaissait aussi bien intérieurement qu’extérieurement même s’il était parfois difficile de lire dans son esprit et découvrir ce qui n’allait pas.
Mais depuis quelques temps, Louis avait remarqué que William se comportait différemment. Il avait remarqué la façon dont son frère avait parfois du mal à se concentrer ou semblait absent. Il ne savait pas encore pourquoi, mais il savait que William se comportait comme ça depuis d’incident du Noahtic. Depuis qu’il avait rencontré Sherlock Holmes pour la première fois. L’enquête dans le train avait aussi rendu son frère encore plus distrait.
Il soupira à la seul pensée de cet homme. Il n’y avait rien chez lui qui avait gagné la confiance de Louis. Il était arrogant, trop confiant, et ne savait pas ce qu’était le tact. Tout chez cet homme lui criait qu’il était plein de problèmes. Sans oublier que Sherlock devait bien être le seul qui pensait que William était le très connus prince du crime. C’était dangereux. Pourquoi est-ce que son frère semblait l’apprécier autant lorsqu’ils s’étaient revus ?
Louis connaissait son frère. Ses deux frères. Il savait lorsque William faisait semblant ou lorsqu’il faisait un sourire forcé, mais il pouvait aussi dire s’ils étaient sincères. Ceux qu’il donnait à Sherlock quand le détective était proche étaient véritables. La façon dont ses yeux brillaient en sa présence également. Il ne faisait pas semblant, et entendre son frère rire avait toujours était un son que Louis appréciait plutôt. Mais le fait que ce rire ai était causé par Sherlock Holmes le dérangeait énormément.
Il soupira et ferma ses yeux au moment où un toquement de porte se fit entendre. William et lui regardèrent dans la direction, mais rapidement, leurs regards se croisèrent.
“Je vais ouvrir, nii-san. Ne t’inquiète pas.” Déclara Louis, Recevant le doux sourire de son frère en retour ainsi qu’un ‘merci’ chuchoté. Après ça, il marcha jusqu’à la porte, se demandant qui ça pouvait être. Est-ce que William était sur une affaire ? Était-ce une autre personne troublée qui voulait une revanche sur un noble ? Ils n’avaient pas eu d’affaire récemment.
Il expira et ouvrit la grande porte, mais il lâcha une exclamation de surprise tandis que ses yeux se posèrent sur une personne, qui se tenait juste en face de lui, avec son sourire en coin insolent et une veste par-dessus son épaule.
“Sherlock Holmes...” murmura-t-il, n’essayant pas d’être polis. Peut-être qu’il devrait, mais cet homme envoyait tellement d’énergie négative qu’il ne pouvait décrire comment cela le faisait se sentir.
Sherlock ouvrit sa bouche pour dire quelque chose d’intelligent, mais il ne pouvait se souvenir du nom de l’homme se tenant devant lui, le fusillant du regard.
“Ah, tu es le plus jeune Moriarty, non ? Laisse-moi deviner, Léon ?” Le voilà, encore se sourire. Le regard moqueur et ces yeux semblant l’examiner de près.
“Louis.” Corrigea-t-il, essayant de retenir l’envi de poignarder l’autre homme avec la première chose qu’il trouverait. “Nous n’avons pas été prévenu de votre arrivée.”
“C’est parce que c’est une visite surprise !” Sherlock se pencha, essayant de voir derrière les épaules du blond. “Liam est là ?”
“Grand frère William est en train de boire son thé du matin. Je préférerais que tu ne le dérange pas.”
“Je—”
“Louis, qui est là ?” et voilà, la voix de William qui fit sourire Sherlock presque immédiatement. Le plus jeune de la fratrie jeta un coup d’œil à son frère, qui s’était rapproché pour voir. Son visage était calme, mais Louis remarque les étincelles dans ses yeux écarlates. Les lèvres de William se courbèrent pour former un petit sourire. “Oh, M. Holmes, qu’avons-nous fait pour mériter une telle visite ?”
Leurs yeux se croisèrent pendant un instant, le silence pris place. William souriait toujours, Sherlock regardait attentivement son visage, et Louis semblait sur le point de jeter quelqu’un dans la Tamise.
“C’est ton jour de chance, Liam,” le détective souri et observa le regard prudent de William. “Je suis tellement ennuyé par les enquêtes que je reçois que j’ai décidé d’aller à Durham pour chercher de quoi me divertir.”
“Je vois,” le professeur blond regarda le sol avec son sourire adorable et embarrassé. “Et Je corresponds à votre définition de divertissement ?”
“Tu m’a promis un dîner.” L’homme le plus grand fit un clin d’œil et cette fois, Louis ne put retenir le ‘tss’ silencieux qu’il lâcha. Comment ce mec avait pu trouver où ils habitaient ?
“Oh, vraiment ?” le mathématicien soupira et se retourna, loin des yeux saphir du détective. “Je ne m’en souvient pas...”
“Aller, soit pas comme ça !” s’exclama Sherlock sautant presque d’excitation, et William laissa échapper un léger rire.
Louis n’aimait pas où ça allait.
“Eh bien, M. Holmes, je suppose que vous ne me laissez pas le choix,” William haussa les épaules, ne regardant toujours pas Sherlock et son frère. Cependant, il regarda par-dessus son épaule le détective pour voir son visage s’illuminer d’excitation. “Je suis enclin à t’inviter maintenant pour un thé.”
“M-mais ! Nii-san—” Louis essaya de virer cette idée de l’esprit de son frère. Leur manoir était plein de secrets et de choses ne devant jamais voir la lumière du jour, il n’était pas fait pour Sherlock Holmes. Tous leurs plans et schémas, Louis n’était pas stupide. Il était conscient que le détective était peut-être venu juste pour les espionner. Il semblait être le seul à penser ça cependant.
“Ne t’inquiète pas, Louis. On va s’installer dans le salon. Peux-tu préparer plus de thé, s’il te plaît ? M. Holmes doit être fatigué après ce voyage.”
Le plus jeune des Moriarty voulu répondre, protester, mais fini par se mordre la langue et envoya seulement un regard meurtrier à Sherlock. Il avait un couteau de poche caché. Si cet homme essayait quelque chose, Louis serait prêt.
“Oui, Grand frère...” murmura-t-il avant de jeter un coup d’œil au plus grand homme une dernière fois avant de disparaître dans la cuisine pour faire du thé malgré le fait qu’il allait le faire pour Sherlock Holmes, qui était venu sans être invite.
Dès qu’ils furent seuls, Sherlock inspira fortement et se laissa tomber sur le canapé, étendant ses bras et regardant William indiscrètement de temps en temps.
“J’ai le sentiment que ton frère n’est pas un de mes fans.” Il fit un sourire en coin, levant les yeux pour voir la réaction de l’autre homme. Elle arriva quelques secondes plus tard lorsque William sourit gentiment et ricana.
“Louis est seulement... protecteur et très prudent avec les autres personnes.”
“Il est prêt à me couper la tête.” Dit Sherlock et, à sa surprise, William pouffa de rire à ce commentaire. Ce fut le son le plus jolie que le détective avait entendu de toute sa vie.
“Il va le faire si tu te comportes mal.” Un clin d’œil suivi, et cela fit rougir légèrement et inspirer fortement l’homme aux cheveux foncé. Les moments comme celui-là était unique et parfait pour aussi bien le grand détective que le prince du crime. Aucun des deux ne savait pourquoi, mais ils se sentaient tellement libre l’un à coté de l’autre, comme si le monde n’était pas important. Le plan pour changer ce pays n’était pas important. Rien n’était important. Rien à par eux.
Ils continuèrent de se regarder dans un silence confortable. Ils ne remarquèrent même pas que Louis les regardait au loin. Il le détestait toujours, mais, le sourire et le rire de William semblait vrai. Cet homme, malgré le fait que c’était un bâtard arrogant, pouvait rendre son frère vraiment heureux. C’était la première fois que Louis voyait une telle interaction entre deux personnes. Ça l’inquiétait parce qu’il ne savait pas ce qu’il se passait. Il pensait qu’il connaissait William mieux que quiconque mais maintenant, il semblerait que le professeur ait une face que personne ne connaissait vraiment. La face qui apparaissait seulement lorsqu’il était avec Sherlock.
Louis n’aimait quand même pas ça.
Cependant, Son frère s’amusait donc il ne pouvait rien faire à part accepter la présence du détective ici. Peut-être que lorsque Albert reviendra, Sherlock partira. C’était l’espoir auquel il allait se raccrocher. Normalement, même Holmes respecterait quelqu’un comme l’aîné de la famille Moriarty, non ?
Un autre ricanement de William se fit entendre et attira son attention. C’était toujours étrange de l’entendre. Louis n’était pas habitué à ça du tout. Son frère avait toujours été calme et serein. Quel était la raison derrière laquelle il apprécierait une personne telle que Sherlock Holmes ? Si seulement il y avait une réponse. Si seulement il pouvait le poignarder maintenant...
“Nii-san,” Coupa-t-il, interrompant leur conversation apparemment appréciable, alors qu’il entrait et sentit tous les regards sur lui. Il plaça la tasse de thé de Sherlock devant le détective, regrettant ne pas avoir mis de poison dedans. L’autre homme le remercia, ce qui le calma un petit peu. “Grand frère Albert va bientôt rentrer. Il n’appréciera peut-être pas qu’il y ait un invité.” Chuchota Louis, jetant un regard de travers vers Sherlock. Bien sûr que ça ne dérangerait pas Albert, en tout cas pas autant que lui, mais il voulait tenter sa chance. Peut-être que Holmes réalisera qu’il n’était pas forcément le Bienvenu ici. Pas actuellement avec leurs plans se passant bien. Sans aucun doute, Sherlock était un homme intelligent (même si l’admettre faisait froncer les sourcils à Louis) et il verrait forcément à travers eux. Il était déjà sur la bonne piste, plus de risques n’était pas nécessaire.
“Tu as raison, Louis.” Acquiesça William, baissant la tête avec un sourire triste. Puis, son regard se releva et leurs yeux se croisèrent. “Je m’excuse, Sherlock, mais je crois que nous devrions nous dire au revoir pour aujourd’hui.”
Sherlock.
Sherlock ?
Depuis quand est-ce-que son frère appelait Holmes par son prénom ? Qu’était-il arrivé à M. Holmes, ou M. Détective ? Louis avait l’impression de manquer quelque chose d’important.
“On peut aller faire un tour, non ? Tu peux me montrer le chemin jusqu’à la station de train, professeur.” Dit Sherlock et le plus jeune Moriarty ne manqua pas le clin d’œil qui avait été envoyé à William. Il fronça de nouveau les sourcils.
“Un aussi bon détective et maître de la déduction ne peut pas se souvenir du chemin retour ? Intéressant.” Taquina William, un sourire arrogant ne quittant pas son visage. Cependant, il y avait une étincelle dans ses yeux que Louis ne manqua pas non plus.
“Ah, tu sais, tout se ressemble pour moi ici. Je ne voudrais pas me perdre et rater mon train.” L’informa Sherlock, soupirant et sortant une cigarette. Louis voulu lui dire de ne pas fumer ici, mais l’homme plus vieux réussi à parler en premier. “Sauf si tu veux que je reste pour la nuit.” Il haussa les épaules et cette fois, un couinement très indiscret d’incrédulité s’échappa de la bouche de Louis.
William rigola du visage qu’affichait son frère mais, pour le plus grand soulagement de Louis, secoua la tête de protestation.
“Ce serai en effet très problématique.” Dit-il et, sans jeter un seul regard à Louis, se levant en même temps que Sherlock, ne quittant pas le détective des yeux. “Je reviens vite, Louis. Si Albert rentre plus tôt, dit lui de ne pas s’inquiéter.”
“Mais grand frère—” commença-t-il à protester mais ce dernier s’était déjà retourné et quitta la salle avec le détective. Louis avait peut-être eu une sorte d’hallucination, mais il était sûr d’avoir vu William tendre sa main vers celle de Sherlock.
D’une manière ou d’une autre, il ne voulait pas penser à ça.
***
“Je ne comprends pas pourquoi grand frère William est aussi intéressé par ce détective.” Se plaignit-il une heure plus tard parce que son frère n’était toujours pas de retour. “Il est très arrogant et se rapproche trop de notre famille. C’est dangereux de le laisser être aussi proche.”
“Si on le repousse maintenant, ça serait vu comme suspect.” Répondis Albert avec son comportement calme habituelle, sirotant du vin rouge. “Et William semble apprécier sa compagnie.”
“C’est ce qui m’inquiète...” murmura-t-il, ne regardant pas son frère mais le sol. Il y avait toujours quelque chose d’inquiétant dans la façon dont William se comportait lorsqu’il était avec Sherlock. Il ne pouvait juste pas la nommer.
“Ne t’inquiète pas, Louis. Je suis sûr que William sait ce qu’il fait.” Albert tenta de le calmer un petit peu, posant le verre et souriant à son frère adoptif. Cela sembla relaxer le blond.
Pourtant, son calme et sa tranquillité le quitta immédiatement dès que le frère cadet entra dans la maison, étant accueilli par Albert. Il sourit à nouveau et Louis plissa les yeux.
Les cheveux de William semblaient désordonnés. Et pourquoi sentait-il la cigarette ? Ce n’étaient pas ses cigarettes mais celles de Sherlock. Il pouvait le dire avec la forte odeur. Cela l’avait presque fait suffoquer la première fois que Holmes avait fumé devant lui.
“Qu’est-ce que tu faisais pendant tout ce temps ?” ne put-il s’empêcher de demander, et son ton tranchant attira presque immédiatement l’attention de son frère. L’expression de surprise sur son visage se changea rapidement en calme.
“Pourquoi, je faisais juste un petit tour avec M. Holmes.”
“Pendant une heure ?”
“Le train était en retard et je voulais l’accompagner pendant l’attente. Ça aurait été vraiment malpolie de la laisser seul comme ça, tu ne penses pas, Louis ?” William s’assit, examinant le visage de son frère. Ses lèvres écarté par le choque, mais ses yeux restant sur autre chose que le regard lumineux de William.
“Qu-Qu’est ce que c’est que ça ?” demanda-il en montrant le cou de son frère, en direction de la petite marque foncée présente. À cette remarque, le prince du crime laissa échapper une exclamation de surprise, sa main allant là où son frère était en train de regarder attentivement. Comment pouvait-il oublier quelque chose comme ça ?
“C’est, heu, un bleu. Je me suis fait mal en rentrant.”
“Dans le cou ?”
“Ce fut un incident vraiment malheureux, je ne peux moi-même pas y croire.” Informa William innocemment, mais Louis leva un sourcil et continua de l’observer tandis que son frère se déplaça silencieusement pour récupérer le verre de vin d’Albert, que le plus vieux fut trop enthousiaste de lui donner.
Actuellement, le plus jeune homme ne pouvait décider de qui tuer en premier – Sherlock pour avoir fait ça à son frère, William pour l’avoir laissé faire, ou Albert pour simplement accepter ça sans aucune protestation.
Il est fatigué. Il est fatigué et il n’aime toujours pas ça du tout. Peut-être que la prochaine fois, il devrait garder un œil sur eux.
