Actions

Work Header

Pour sa sécurité

Summary:

Aizawa découvre que son ancien élève, Hitoshi Shinso, cache une information importante à leur agence. Et cela pourrait bien mettre quelqu'un en danger.

Notes:

Work Text:

Shota Aizawa s’était vu forcé de se mettre en retrait dans sa position de héros professionnel. En effet les blessures qu’il avait subies avait fortement altéré sa motricité et son agilité. Il était toujours professeur à UA, dispensant ses cours et ses conseils aux prochaines générations de héros. Il est vrai que la plupart de son travail de héros s’effectuait derrière un bureau, remplissant des compte-rendues ou apportant ses analyses et recherches lors d’enquêtes. Mais il lui arrivait aussi d’être sur le terrain, que ce soit en renfort avec son alter, en surveillance ou encore en espionnage à distance. Le laissant toujours dans l’ombre, ce qu’il appréciait tout particulièrement.

S’étant de nouveau rattaché à une agence, il aidait au retour de mission de certains héros, comme ce soir.

L’équipe d’intervention revenait de 3 jours de mission. Ayant suivi les rapports progressifs de chaque étape, il savait qu’elle avait été éprouvante moralement, aucun doute là-dessus. Les visages des héros revenus le confirmaient.

Une de ces personnes, un de ses anciens élèves, semblait exténué. Enfin, plus que d’habitude.

Certes, Hitoshi Shinso avait toujours eu ce visage fatigué, mais il était clair qu’il paraissait pouvoir s’effondrer à tout moment.

—  Tu n’as pas bonne mine.

Hitoshi releva enfin les yeux vers son ancien professeur.

—  Tu peux le dire que j’ai une tête de merde tu sais.

La familiarité entre eux s’était installée sans qu’ils ne s’en rendent compte. Année après année, entraînement après entraînement, mission après mission, leur relation ‘‘professeur-élève’’ s’était progressivement transformée en relation ‘‘père-fils’’.

Bien qu’Hitoshi côtoyait encore un peu ses parents, des gens qui avaient eu un enfant parce qu’il fallait en avoir un mais qui avaient quand même subvenu à tous les besoins de leur fils, du moins sur tous les plans sauf émotionnel, il n’avait aucun lien proche avec eux. Et Aizawa avait été son soutien, il l’avait encouragé, il avait cru en lui.

—  Très bien alors, t’as une tête de merde.

Hitoshi souffla du nez, un sourire à peine dissimulé. Il s’étira avant de se relever, il se sentait engourdi et n’avait qu’une seule envie, c’était d’aller dormir. Malgré les fenêtres brouillées il était impossible de ne pas voir que la ville était plongée dans l’obscurité de la nuit, seuls les lampadaires éclairaient les trottoirs et les routes.

—  Je suppose que je ne vais pouvoir rentrer chez moi, n’est-ce pas ?

Shota hocha la tête, la sécurité des membres de l’agence était primordiale. Après une telle mission, impossible pour les héros y ayant participé de rentrer chez eux. Et pour ceux qui partageaient leur vie avec quelqu’un ou avaient une famille, une protection était déployée pour la sécurité de leur entourage.

Par chance, dans un sens, pensa Shota, Hitoshi était célibataire. Il n’y avait que sa protection à lui à assurer.

—  Tu as quelqu’un chez qui rester ?

Avec son statut de professeur, Shota résidait à UA, et ne pouvait donc pas héberger Hitoshi.

Ce dernier sortit son téléphone personnel.

—  Je vais voir.

Et il s’éloigna un peu tout en lançant un appel.

Shota resta à proximité écoutant d’une oreille distraite.

—  Allô… Ouais c’est moi… J’te dérange pas ?… Je ne vais pas pouvoir dormir chez moi ce soir… Ouais c’est ça… Merci.

Il se tourna vers Aizawa, formant un OK avec la main avant de devoir reporter son attention sur l’appel.

—  Euh non… je t’avoue que j’y ai pas réfléchi. Mmmh. Il leva la tête vers le plafond l’air songeur. Des tempura… Ok merci… Ouais à toute à l’heure.

Et c’est avec un très léger sourire qu’il raccrocha, ce que Shota nota dans un coin dans sa tête.

—  C’est bon pour ce soir. Confirma Hitoshi.

—  Bien.

Il fit signe à l’assistant administratif.

—  Vous avez un endroit où rester pendant les prochaines 24h prolongeables à 48h Mindjack ? Le jeune homme avait dégainé sa tablette tactile pour remplir son formulaire, et au hochement de tête de Shinso il poursuivit. Donc pourrai-je avoir le nom et l’adresse de la personne chez qui vous resterez ?

Hitoshi lança involontairement un regard furtif vers Shota, ce qu’il ne manqua pas.

—  Euh oui… Ojiro Mashirao, alias Tailman.

Aizawa fut un peu surpris, Shinso ne parlait jamais d’Ojiro ni du fait qu’ils se côtoyaient. Il savait que son ancienne classe se réunissait dès qu’elle le pouvait, mais Hitoshi semblait toujours en retrait concernant les contacts avec ses anciens camarades. Hagakure avait déjà été évoquée, parce qu’ils leur arrivaient de travailler ensemble.

Enfin bon, en soi ça ne le regardait pas.

Quand il eut fini de remplir toutes les informations nécessaires, l’assistant se tourna vers Shota, lui tendant une carte de voiture.

—  Tout est bon pour moi, Eraserhead c’est bien vous qui êtes en charge d’accompagner Mindjack ?

—  Oui.

—  Parfait, voici la carte de votre véhicule, j’ai transféré l’adresse au GPS intégré. Vous n’aurez qu’à suivre l’itinéraire indiqué, ainsi que suivre toute la procédure évidemment.

***

Le trajet était calme, Hitoshi lutait pour ne pas s’endormir, bercé par le ronronnement de la voiture et le clignotement régulier des lumières de la ville qui s’immisçaient à travers la vitre teinté.

Shota s’était garé dans la rue adjacente à celle de l’adresse. Ils attendaient juste le message d’Ojiro confirmant qu’il était arrivé, il avait fini plus tard et donc n’était pas encore chez lui.

Hitoshi s’affaissa un peu plus dans son siège.

—  Je n’ai pas besoin de te rappeler que tu ne dois rien dire sur ta mission à Ojiro.

—  Non, mais tu viens de le faire quand même.

C’était une des nombreuses règles, évidentes, de l’agence. Tout était secret, rien ne doit être révélé. Il y avait un nombre incalculable de procédures, ce qui avait le don de fatiguer Hitoshi. Mais il n’avait pas d’autre choix que de s’y plier.

Son téléphone afficha une nouvelle notification silencieuse.

—  C’est bon il est là. Informa-t-il à Shota après avoir lu le message d’Ojiro.

Tous deux sortirent du véhicule, rejoignant l’entrée du bâtiment.

Ojiro leur sourit en les voyant, il initia un geste de la main mais parut se raviser en remarquant que c’était Aizawa qui accompagnait Shinso.

—  Salut. Sa queue se balançait doucement derrière lui.

—  Salut. Lui répondit Hitoshi.

Puis il se tourna vers son ancien professeur pour le saluer également.

—  Bonsoir Aizawa-sensei.

—  Bonsoir Ojiro. Le salua-t-il en retour.

Ojiro ne posa pas de question, se retournant légèrement vers Hitoshi, son sourire s’accentua et il leva juste le petit sac plastique qu’il avait à la main.

—  J’ai acheté des tempura ! Sa queue remua un peu plus.

Puis il les fit entrer dans l’immeuble et les mena jusqu’à son appartement.

Ojiro avait-il l’habitude d’accueillir Hitoshi après certaines de ses missions ? Avait-il connaissance du protocole ? Shota savait qu’il était quelqu’un de perspicace, qu’il savait deviner les limites sans avoir à les demander. Mais Ojiro n’était pas un héros Underground, donc peut-être Hitoshi l’en avait-il informé ?

Shota nota ces interrogations pour lui-même.

Une fois arrivés à la porte d’Ojiro, ce dernier invita Shinso à entrer, mais ne le proposa pas à son ancien professeur. Il savait déjà qu’il ne resterait pas ; il était juste là pour s’assurer qu’Hitoshi arrivait à bon port et en toute sécurité.

Dès que Shota eut quitté le bâtiment, il se dirigea aussitôt vers celui d’en face. Se glissant dans la ruelle juste à côté, il grimpa le mur pour atteindre le toit grâce à son arme de capture. Il prit quelque secondes pour reprendre son souffle, le passage du temps commençait à affecter son corps.

Tout en s’allongeant au bord du toit, il sortit de son sac les jumelles thermiques ainsi que son boîtier d’alerte.

Évidemment sa mission ne consistait pas seulement en l’escorte d’Hitoshi mais également à s’assurer que le périmètre était sûr et que personne n’avait attendu son départ pour attaquer.

Identifiant où se trouvaient les fenêtres donnant sur l’appartement d’Ojiro, il commença par l’observer avec ses jumelles thermiques.

Il n’y avait que deux silhouettes, celles d’Ojiro et d’Hitoshi assis sur le canapé, personne d’autre à l’intérieur.

Continuant son inspection des alentours, il ne vit rien qui pouvait l’alerter.

Il ramena son attention sur le salon d’Ojiro, et il fut interpelé par la scène devant lui.

Bien qu’il était assez loin pour ne pas voir tous les détails, il était clair qu’Hitoshi était allongé sur le fauteuil, sa tête reposant sur les genoux d’Ojiro.

Shota fronça les sourcils. Shinso avait déclaré Ojiro comme n’étant qu’une bonne connaissance.

Et le baiser que les deux avaient partagé après son observation confirma que, non, ils n’étaient pas que de simples connaissances.

Toutes les notes que Shota avait gardées dans un coin de sa tête s’alignèrent avec ce qu’il avait face à lui.

Il se releva et repartit en direction de la voiture avec laquelle il était venu. La zone était sûre et ce qui pouvait se passer dans cet appartement après ça ne le regardait pas.

Mais il savait déjà qu’il devrait parler avec Hitoshi dès qu’il le reverrait.

***

C’est 2 semaines plus tard que Shota recroisa Hitoshi à l’agence, entre son emploi du temps et toutes les procédures auxquelles Shinso devait se soumettre après sa mission, cela avait pris plus de temps que Shota ne l’avait prévu.

Alors quand ils se sont retrouvés seuls dans la salle de pause pour boire un café, il savait que c’était le moment d’aborder le sujet avant que l’occasion ne lui passe sous le nez.

—  Tu n’as pas déclaré à l’agence ta relation avec Ojiro, n’est-ce pas ?

Shota n’était pas passé par quatre chemins, il ne le faisait jamais. Et à en juger par les rougeurs qui apparaissaient sur les joues d’Hitoshi, et le fait qu’il s’était presque brûlé avec sa boisson, il ne s’y attendait vraiment pas.

Ils restèrent un instant silencieux, Aizawa attendant, Shinso cherchant ses mots.

—  Qu’est-ce qui te fait penser que j’ai une relation avec Ojiro ?

Le regard de Shota se fit plus sévère.

—  N’essaie même pas de me mentir. Bien que ce n’était pas mon attention, hier je vous ai vu vous embrasser. Et je doute que tu sois le genre de personne à embrasser une simple connaissance, comme tu as toujours décrit Ojiro.

Hitoshi était encore plus rouge, probablement de gêne mais Shota vit un éclat de colère dans ses yeux.

—  Donc t’es en train de me dire que tu nous as espionnés ?

—  Non, du moins ce n’était pas ma volonté. Je m’assurais que tu étais en sécurité, que rien n’allait t’arriver l’instant après mon départ. Mais, dans un sens, heureusement que je vous ai vu. Parce que, sinon, tu n’aurais jamais informé l’agence de ça.

Hitoshi se passa la main sur le visage, essayant vainement de se calmer.

—  Peu importe si votre relation est sérieuse ou non. Si tu le vois fréquemment, tu dois le rapporter à l’agence.

—  Je n’ai pas envie que l’agence le sache ! Shinso avait haussé le ton plus qu’il ne l’aurait voulu. J’en ai marre de devoir tout dire de ce qui se passe dans ma vie à l’agence ! Je voulais être un héros underground pour garder ma vie privée ! Et me voilà obligé de tout dire !

—  Ces informations restent dans les murs de cette agence, elles ne sont pas rendues publiques.

—  Je le sais ! Mais… je voudrais juste avoir quelque chose pour moi seul, que l’agence ne sache pas… quelque chose auquel je tiens.

Il était rare qu’Hitoshi s’emporte. Shota se rendait bien compte que c’était important pour lui. Mais si ce système était en place c’était pour une bonne raison.

—  Hitoshi, si tu ne le fais pas, tu mets délibérément la vie d’Ojiro en danger. Si tu tiens vraiment à lui, tu dois le dire à l’agence.

Shinso se mordit la lèvre.

—  Je sais.

Shota posa une main forte sur son épaule.

—  Ce n’est pas tout de le savoir, il faut le faire.

***

Et chaque fois où Shota croisait Hitoshi, il lui posait la même question encore et encore.

—  Est-ce que tu as déclaré ta relation avec Ojiro à l’agence ?

Ce à quoi Shinso répondait systématiquement.

—  Je vais m’en occuper.

Sans jamais le faire évidemment. Et à chaque fois Aizawa le sermonnait. Il ne pouvait s’en occuper à sa place. C’était la procédure. Et Hitoshi semblait consciemment l’ignorer.

***

Il était tard quand Shota se dirigea vers les dortoirs des professeurs. La journée de cours avait été longue. Alors il n’avait qu’une hâte, rentrer au plus vite se reposer.

Dehors, devant la porte, assis sur les marches l’attendait Hizashi, toujours avec ce même sourire sur le visage. Il saisit deux canettes de bière posées à côté de lui et les secoua délicatement.

—  On s’en boit une ?

Il se joignit donc à son compagnon, les soirées de fin d’été avaient toujours une saveur particulière, encore plus quand ils les partageaient à deux. Ils se racontaient leur journée, évoquaient des anecdotes, des souvenirs.

Ils se connaissaient par cœur, ils étaient meilleurs amis, ils étaient un couple. Alors, évidemment, Hizashi comprit très vite que Shota était préoccupé.

—  Allez, dis-moi ce qui te tracasse.

—  C’est Hitoshi…

Et il lui raconta toute l’affaire, il omit juste le nom d’Ojiro.

—  Donc notre petit Hitoshi est amoureux.

Hizashi avait un petit sourire ludique, il s’était également attaché au jeune homme. Il lui rappelait Shota plus jeune, et il était parti pour vieillir comme lui.

—  C’est pas cette réaction que j’attendais. Rouspéta Shota.

—  Tu t’affoles peut-être pour rien. Rappelle-toi, avant de devenir prof, tu avais mis longtemps à dire à ton agence que l’on était en couple. Hizashi avait bien appuyé sur le ‘‘longtemps’’.

—  Sauf que moi, je t’avais déclarée comme ami très très proche. Là il ne l’a déclaré que comme une relation cordiale, juste des connaissances.

—  Oui je vois…Hizashi hocha juste la tête, laissant passer un silence avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres. Et sinon, je la ou le connais ?

Shota se tourna brusquement vers lui, lui lançant un regard agacé, claquant sa langue.

—  Je te parle de quelque chose de sérieux !

Hizashi leva les mains.

—  Et je prends ça au sérieux je te le jure ! Mais peut-être que tu t’inquiètes un peu trop ? Si ça se trouve ça ne fait pas si longtemps qu’ils sont ensemble. Il attend peut-être d’être sûr ou que ce soit sérieux pour le dire à l’agence et à son entourage.

Shota avait un doute sur ça. Il ne savait pas depuis combien de temps cette affaire durée. Mais il était à peu près certain que ce n’était pas tout récent.

Hizashi se pencha un peu plus vers lui.

—  Donc…. De qui il s’agit ? Demanda-t-il l’air de rien.

Shota leva les yeux au ciel. Une partie de lui ne voulait pas répondre, l’autre était fatiguée et prête à céder à la demande.

Son compagnon pouvait être pire que Nemuri, quand ils étaient au lycée, niveau potins .

—  Ojiro Mashirao, un de nos anciens élèves.

Un ange passa, il s’attendait à une réaction immédiate, mais non. Se tourna vers Hizashi, il le vit les yeux grands ouverts et les sourcils levés.

—  Eh bien… Je n’aurais pas parié sur lui. J’ai pas souvenir qu’ils étaient proches au lycée.

Shota soupira.

—  Peu importe ce n’est pas le sujet. Il faut qu’Hitoshi en parle à l’agence.

—  Et tu as essayé d’en parler à Ojiro, dans mes souvenirs c’était un élève raisonnable. Suggéra Hizashi.

—  Je ne devrais pas avoir à lui en parler ! Je ne devrais même pas avoir à le rappeler à Hitoshi !

Ça le fatiguait, il était préoccupé et un peu en colère contre Hitoshi. Ces gamins connaissaient le danger avec tout ce qu’ils avaient vécu, mais non, ils restaient têtus. Enfin, il ne pouvait en être sûr que pour Hitoshi.

—  Allez, ne t’en fais pas trop. Il finira pas le faire.

—  Avant qu’il n’y ait un drame de préférence.

***

C’est en fin d’après-midi que l’agence l’a contacté. Des méchants sévissaient en ville et les héros sur place avaient besoin d’aide. L’alter d’un des vilains était ‘‘sensory disruptor’’, il perturbait la perception de tout le monde ce qui n’aidait pas à combattre tous les ennemis. L’alter de Shota était parfait pour ce genre de situation.

L’intervention s’était effectuée beaucoup plus aisément. Les méchants furent arrêtés et les quelques civils blessés furent pris en charge par les secours.

Shota grimaça, il s’était mal réceptionné sur sa prothèse. C’était le genre de problème qui lui arrivait encore.

—  Tout va bien EraserHead ?!

Il regarda le jeune garçon qui s’était approché de lui.

—  Oui, ne t’en fais pas gamin.

Le garçon ne parut pas convaincu, restant planté là où il était.

—  Horneman ! Tu pourrais aider à contenir les civils ? Et t’assurer que personne n’entre dans le périmètre ?

—  À vos ordres Tailman !

Et il partit en quatrième vitesse.

—  Un apprenti héros ? Demanda Shota.

—  Oui. Lui répondit Ojiro

—  Le tien ?

Il vit une pointe de fierté dans les yeux de son ancien élève.

—  Oui. J’admets que j’ai été surpris quand j’ai reçu sa demande pour devenir mon apprenti.

Ojiro avait très souvent manqué de confiance en lui, Shota l’avait plus d’une fois remarqué pendant ses années à UA.

Pourtant il travaillait toujours dur et avec acharnement. Il ne manquait pas de mérite.

—  Est-ce que vous allez bien Aizawa-sensei ?

Shota n’avait pas fait attention au petit gémissement de douleur qu’il avait laissé échapper.

—  Ce n’est rien. Je me fais vieux, c’est tout.

—  Vous n’avez même pas encore 50 ans !

—  Une année passée avec votre classe fait obligatoirement vieillir de 20 ans.

Ojiro ria franchement à cette remarque. Il était vrai qu’avec tout ce qui leur était arrivé en un an, Aizawa avait eu de quoi se faire des cheveux blancs.

Un nouvel élan de douleur le frappa. Ce qui n’échappa pas à Ojiro

—  Vous devriez vous faire ausculter Sensei.

Cette manie que ses anciens élèves avaient de toujours l’appeler ‘‘Sensei’’ même après avoir fini le lycée le faisait toujours sourire intérieurement.

—  Tu as probablement raison, concéda Shota.

—  Appuyez-vous sur moi.

Ojiro l’amena jusqu’à une ambulance, la seule qui n’avait pas eu besoin de transporter de blessé. Le médecin présent l’examina rapidement, rien de grave par chance, juste les nerfs qui étaient sensibles, provoquant de temps à autre des décharges dans son corps.

—  Vous pouvez rester vous reposer encore un peu, et si ça ne va vraiment pas mieux, nous vous emmènerons à l’hôpital.

Shota avait légèrement acquiescé, le docteur partit s’assurer que tout le monde allait bien et qu’il ne restait personne à soigner.

Son ancien élève était resté en dehors du fourgon. Il sut qu’il devait profiter de l’occasion pour discuter de sa situation avec Hitoshi.

—  Ojiro.

—  Oui ? Il passa la tête par la porte, ne se permettant pas d’entrer.

—  J’ai à te parler.

Le visage sérieux d’Aizawa, si tenté qu’il en ait vu d’autres de la part de son ancien professeur, lui fit comprendre que c’était important. Il monta dans l’ambulance et ferma la porte. Shota lui indiqua le siège strapontin, l’invitant à s’asseoir.

Ojiro abaissa l’assise et, tant bien que mal, s’assit dessus. Sa queue ne devait vraiment pas être pratique au quotidien.

Shota ne dit rien au début, il n’aimait pas devoir s’immiscer dans la vie privée des autres, mais là il n’avait vraiment pas le choix.

—  Que se passe-t-il ? Ojiro semblait un peu nerveux.Vous commencez à m’inquiéter.

Aizawa se souvenait bien de ses années lycée, il ne pouvait pas affirmer connaître réellement Ojiro. Mais il était sûr, pour l’avoir souvent constaté, qu’Ojiro avait toujours été quelqu’un avec la tête sur les épaules, il était discipliné, il mesurait à chaque fois ses actions et ses mots. Il était rigoureux et sérieux, il n’aurait aucun mal à comprendre ce de quoi il allait lui parler.

—  Je suis désolé de devoir aborder ce sujet avec toi, mais Hitoshi ne me laisse pas le choix.

—  Comment ça ?

—  Il faut que tu convincs Hitoshi de déclarer votre relation à son agence.

Ojiro était resté sans voix. Son visage se teignit rapidement en rouge, et il fuit aussitôt le regard d’Aizawa.

—  Vous… Vous l’aviez deviné ?

—  Non. Je vous ai vu en déposant Hitoshi chez toi la dernière fois. Et il n’a pas démenti très longtemps quand je l’ai confronté.

—  Je vois…

Ojiro avait la tête baissée, tel un enfant qu’on venait de surprendre en train de faire une bêtise. Et à en juger par sa réaction, comprenant parfaitement les enjeux de la situation, Shota savait qu’il était au courant des précautions prises par l’agence d’Hitoshi. Il donnait aussi l’impression d’être honteux.

—  Ojiro, je ne suis pas là pour juger votre relation.

Un poids avait l’air de s’être envolé de ses épaules.

—  Je me soucie juste du danger auquel Hitoshi t’expose.

Ojiro avait conscience de tout ça, il n’y avait aucun doute. Mais, même s’il était un pro héros reconnu, il ne savait rien sur les organisations que Shinso affrontait ou les informations qu’il possédait sur elles. Il ne pouvait pas évaluer exactement la menace qu’elles pouvaient représenter.

—  Je sais que nous devrions être plus prudents. Mais je comprends aussi Hitoshi. Ojiro avait un sourire triste sur le visage. Toutes les conditions et protocoles de l’agence l’épuisent, et encore je doute de toutes les connaître. Et Hitoshi a toujours été quelqu’un de discret et qui n’a jamais beaucoup aimé parler de lui ou de ‘‘s’exposer’’ en public.

—  Donc personne n’est au courant ?

Ojiro sourit, penaud.

—  À part vous, non personne. Enfin, je crois que Toru se doute de quelque chose. On est assez discret.

Shota l’observa un instant, il n’arrivait à déterminer si cette situation le peiner ou non.

—  Et toi ? Ça ne te dérange pas ?

—  Hito-

—  Je ne te parle pas d’Hitohsi mais de toi. Arrête de toujours t’effacer pour les autres.

Ojiro se revoyait en classe avec son professeur qui lui faisait des remontrances, ça le fit sourire, nostalgique.

—  Aizawa-sensei, vous savez, je n’ai jamais fait mon coming out à mon entourage. Et j’admets que ça m’effraie un peu, même si je suis presque sûr que ça ne changera rien et qu’il n’y aura aucun souci, ça m’angoisse. Je ne me voyais pas dès le début de notre relation, de le dire aux autres. Mais oui, parfois j’aimerais ne pas devoir faire autant attention.

—  Je comprends, mais là ça ne serait qu’à l’agence d’Hitoshi qu’il faudrait le dire, vous avez tout le temps dont vous avez besoin pour le dire à vos entourages. Je ne sais pas depuis combien de temps vous êtes ensemble, et ça ne me regarde pas mais-

Un air coupable traversa le visage d’Ojiro. Shota essayait de se raccrocher aux paroles d’Hizashi, lui disant que ça ne faisait peut-être pas assez longtemps entre eux et c’était pour ça qu’ils ne l’avaient pas encore signalé à l’agence. Mais la réaction d’Ojiro indiquait le contraire, et ça l’énervait.

—  Combien ?

—  Je croyais que ça ne vous regardait pas ?

Ojiro avait ce petit rire nerveux.

—  Depuis combien de temps ?

—  Je ne veux pas causer de problème à Hitoshi !

—  Il en a déjà, t’en fais pas pour ça ! Combien ?

Aizawa ne lâcherait pas le morceau, et Ojiro finit par se résigner. Il ne pouvait gagner face à son ancien professeur.

—  Euh, ça va faire… 3 ans.

Il avait parlé tout bas. Espérait-il vraiment que Shota ne l’entende pas ? Et bien c’était raté.

—  S’il te plaît, dis-moi que j’ai mal entendu.

Ojiro baissa juste la tête.

—  Sérieusement, vous ne vous rendez pas compte de ce que vous faites ! En 3 ans tout ce qui aurait pu se passer ! Vous y avez pensé ?!

Ojiro n’avait rien à répondre. Il savait qu’ils avaient tort.

Aizawa avait raison d’être en colère. Il se pinça l’arête du nez.

—  Ojiro s’il te plaît, parles-en à Hitoshi. Essaie de le convaincre.

Il regarda son ancien professeur.

—  Oui, j’essaierai Aizawa-sensei.

***

Shota avait bien vu qu’Hitoshi paraissait contrarié, préoccupé. Chaque fois qu’il le croisait à l’agence, ce qui n’était pas fréquent en ce moment, il parlait peu et n’avançait pas sur ses rapports. Peut-être Ojiro avait su lui parler et s’était-il remis en question.

Mais une chose était sûre, les regards qu’il lançait à Shota n’étaient pas les plus chaleureux qui soient, même si Hitoshi ne lui reprochait rien.

Et toujours cette même phrase.

—  Je sais, je dois m’en occuper.

Sans que rien ne bouge.

***

—  Ces enfants me fatiguent. S’était plaint Shota.

—  Ce ne sont plus des enfants. Lui avait répondu Hizashi avec un sourire.

—  Ils n’agissent pourtant pas comme des adultes non plus.

***

La fois suivante où il avait dû déposer Hitoshi chez Ojiro après une mission, ce dernier lui avait un sourire timidement.

Il avait essayé.

***

Une alerte était arrivée sur le téléphone de Shota. Un haut placé dans l’organisation criminelle, qui faisait du trafic de membres d’alter de mutation, s’était échappé de prison.

***

Alors qu’il traitait les dossiers en attente sur son bureau, Shota vit Hitoshi revenir de la salle de pause avec deux cafés. Il en déposa un devant son ancien professeur, et sans un mot, il se mit à son propre poste de travail et repris son compte-rendu.

—  Merci.

—  De rien.

Il n’avait jamais été bavard mais là, c’était à un tout autre niveau.

La journée passait sans qu’ils ne s’en rendent compte. L’après-midi était déjà bien entamé quand le téléphone d’Hitoshi vibra.

Shota, par curiosité, l’observa pendant qu’il déverrouillait son portable.

Quelque chose n’allait pas, le visage de Shinso se décomposait au fur et à mesure qu’il lisait frénétiquement ce qui devait être un message.

—  Qu’est-ce qu’il se passe ?!

Hitoshi mit quelques secondes à trouver ses mots.

—  Mashirao est à l’hôpital.

Shota se leva aussitôt, contourna son bureau et regarda le SMS affiché sur l’écran.

Hagakure : Une attaque a eu lieu dans le secteur de Mashirao, l’ennemi s’est acharné sur lui, je l’accompagne aux urgences, je te tiens au courant.

—  Il faut que j’y aille !

Hitoshi trébucha presque sur sa chaise avant de se diriger vers la porte.

Il avait peur, ça se voyait, et il y avait autre chose, Shota pouvait le dire.

—  Je vais t’y conduire.

***

Arrivés à l’hôpital, Hagakure vint à leur rencontre.

—  Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

—  Un méchant a attaqué, mais aucun héros spécialisé dans le combat à distance n’était dans les alentours, donc Tailman a dû essayer de le contenir le temps que les renforts arrivent. Le souci, c’est que l’alter du type ne lui permettait pas d’avoir l’avantage, et le vilain s’est acharné sur lui méchamment.

Hagakure était toujours dans son rôle de héros.

Beaucoup d’alters ne pouvaient pas être combattus au corps à corps. Et Ojiro n’avait que cette compétence.

—  Et pourquoi il s’en ait pris spécifiquement à Mashirao ?!

Hitoshi peinait à rester calme.

—  Je ne sais pas encore. Je te l’ai dit, je te tiendrai au courant dès que j’aurai plus d’informations.

Shota posa sa main sur l’épaule de Shinso, appuyant dessus pour qu’il daigne s’asseoir. Il fallait qu’il se calme, même s’il comprenait que la situation l’alarmait.

—  Comment va Ojiro ?

—  Je ne sais pas. Hagakure était tout autant inquiète et ça se sentait, elle avait récupéré son rôle d’amie. Les docteurs l’ont pris en charge. Tout ce que j’ai pu constater c’est qu’il avait eu le thorax écrasé. Après je ne sais pas quels sont les dégâts.

Voilà le moment le plus dur du métier : attendre et se sentir impuissant.

La jambe d’Hitoshi tressautait, c’était rare pour lui de ne pas savoir se contenir.

—  Tu es intervenue ? Quitte à attendre autant demander le maximum d’informations, surtout avec cette douloureuse hypothèse qui traînait dans un coin de sa tête.

—  Oui, je suis probablement arrivée juste à temps pour éviter le pire. J’ai utilisé mon ‘‘Flash Gun’’ pour aveugler l’ennemi, à mon avis il ne va rien y voir pendant plusieurs heures.

Shota hocha la tête, Hagakure avait continué à développer son alter et avait trouvé de nouveaux moyens ingénieux pour l’utiliser. Son ‘‘Flash Gun’’ était une technique d’aveuglement beaucoup plus précise que ces grands flashs. Ses gants avaient dorénavant les bouts des index et des majeurs coupés, mettant ses mains en forme de pistolet, il lui suffisait de concentrer toute sa déflagration lumineuse dans le bout de ses doigts après avoir visé les yeux de son adversaire. En fonction de l’intensité de ses flashs elle pouvait aussi bien aveugler quelqu’un l’espace de quelques secondes que faire perdre la vue définitivement.

—  J’espère qu’il ira bien.

Hagakure avec une petite voix, elle avait dit ça plus pour elle-même. Un silence s’installa, enfin, autant que pouvait l’être un service d’urgence.

Shota jeta un coup d’œil à Hitoshi, il éprouvait très clairement de la peur, de l’inquiétude et de la culpabilité aussi. La même supposition s’était immiscée dans leur esprit à tous les deux. Et le doute était une chose épouvantable.

—  Je dois passer un appel. Les informa Aizawa.

***

Il attendait les résultats, il avait appelé son agence, il devait savoir si oui ou non le vilain qui avait attaqué Ojiro était lié aux organismes qu’Hitoshi combattait ou espionnait.

***

Nos recherches confirment que le méchant mis en cause lors de l’attaque de cet après-midi n’a aucun lien avec les organismes criminels que nous surveillons et traquons.

***

Shota revint dans la salle d’attente mais n’y trouva qu’Hitoshi. Hagakure était allé chercher un médecin dans l’espoir d’avoir des nouvelles d’Ojiro.

Il s’assit à côté de Shinso. Recroquevillé sur lui-même, ses cheveux cachant son visage, il était impossible de voir ce qu’il ressentait. Il était toutefois facile de le deviner.

—  C’est de ma faute n’est-ce pas ? C’est parce que j’ai été butté ? C’est parce que j’ai été égoïste de vouloir garder notre relation pour moi ? Hitoshi se tourna vers Aizawa. Dis-moi, c’est à cause de moi que Mashirao est dans cet état ?

Ses yeux étaient embués de larmes. Le voilà enfin confronté à ce qu’il avait refoulé. Ce n’était qu’avec ça qu’il comprenait enfin.

Shota ne lui répondit rien, le laissant réaliser ce que la négligence pouvait déclencher.

Hitoshi le regardait désespérément. C’est le retour d’Hagakure qui brisa, ne serait-ce qu’un temps, la tension dans l’air.

—  Mashirao va bien ! Il est hors de danger !

Une étincelle d’espoir passa dans les yeux de Shinso, le faisant se lever brusquement.

—  C’est vrai ?! Il va bien ?!

—  Oui, il vient de sortir d’intervention, il le garde sous surveillance encore un peu en salle de réveil le temps qu’une chambre soit prête pour lui. On aura plus d’info quand ils l’amèneront en chambre.

Hitoshi se laissa retomber sur sa chaise. Ses mains tremblaient tellement, tout le stress et l’angoisse qu’il ressentait s’évacuaient enfin.

—  Hitoshi.

Il porta son attention sur son ancien professeur.

—  Ce n’est pas de ta faute.

Les yeux de Shinso s’écarquillèrent.

—  L’agence m’a confirmé qu’il n’y avait aucun lien entre les organismes de méchants dont tu t’occupes et le vilain qui à attaqué Ojiro.

Hitoshi se mordit furieusement la lèvre, retenant comme il pouvait ses larmes.

—  Mais tu comprends maintenant que si ça avait été le cas, tu aurais été en partie responsable de ce qui est arrivé.

Incapable de parler à cause de la boule coincée dans la gorge Shinso ne pouvait qu’acquiescer d’un signe de tête.

—  C’est normal que tu aies eu peur, c’est normal que tu t’inquiètes, mais là tu n’as pas à ressentir de la culpabilité, d’accord ?

Il prit une profonde inspiration.

—  Oui… d’accord.

—  De toute façon si ça avait été de ta faute, je me serais personnellement occupé de ton cas.

Hagakure l’avait dit sur un ton plaisantin pour tenter de détendre un peu l’atmosphère, même si, ils en étaient certains, si ça avait réellement le cas, elle aurait été très sérieuse.

—  Donc, Hitoshi, vu que tu ne peux pas aller voir Ojiro pour l’instant, on va aller à l’agence et tu vas aller déclarer votre relation, d’accord ? Parce que, vu l’état dans lequel il doit être, il est vulnérable, il faut s’assurer qu’il ne lui arrive rien. On reviendra une fois que ce sera fait.

Hitoshi ne protesta pas, il avait réalisé déjà trop tard qu’il aurait dû le faire il y a déjà longtemps.

***

—  Je suis désolé.

Shota continua de regarder la route.

—  C’est à Ojiro que tu dois des excuses, pas à moi.

—  Oui, mais merci d’être toujours là et de me supporter.

***

—  Comment tu te sens ?

Ojiro était allongé sur un lit d’hôpital, qui était évidemment adapté à son alter.

—  Bah, vu que je suis shooté aux antidouleurs, je dirai que ça va.

Hagakure était resté auprès de lui le temps que Shota et Hitoshi reviennent de leur agence, peu avant qu’il ne reprenne connaissance. Le médecin lui avait dit qu’Ojiro avait eu les deux clavicules cassées, ainsi que plusieurs côtes, il avait aussi des lésions thoraciques, ses poumons ont été également touchés, par chance son cœur était intact.

Il serait gardé sous surveillance à l’hôpital pendant un bon moment évidemment.

—  C’est super bizarre d’être allongé sur le dos. J’ai pas l’habitude.

—  C’est vrai ça ! Ça te fait quoi, c’est agréable ?

—  Alors avec les douleurs qui sont quand même là, je dirai que c’est pas le bon moment pour apprécier l’expérience.

Hagakure avait toujours su amener un peu de gaieté dans presque n’importe quelle situation.

Ojiro arrivait même à sourire dans son état.

Shota regarda Hitoshi qui était resté silencieux à côté du lit jusqu’à présent.

—  Je te demande pardon Mashirao.

—  Pourquoi tu t’excuses ?

—  Parce que ça aurait pu être de ma faute.

—  Mais ce n’est pas le cas.

Ojiro regarda en direction de son ancien professeur, qui fit non de la tête.

—  Donc tu n’as pas à t’excuser.

La culpabilité se lisait toujours sur le visage d’Hitoshi. Bien que rien de ce qui était arrivé n’était de sa faute, il réalisait qu’il avait risqué la vie de Mashirao pendant 3 ans. Et ça le rendait malade.

—  J’ai dit à mon agence que, qu’on était-

C’était difficile pour lui de le dire devant d’autres personnes, bien que Shota soit déjà au courant et qu’Hagakure s’en était sûrement douté pendant tout ce temps.

Mashirao le comprenait, alors lui sourit juste.

—  Merci.

***

—  Bonsoir les jeunes !!!

Toute l’assemblée se tourna vers les nouveaux venus.

—  OH ! Yamada-sensei !

—  Qu’est-ce que vous faites là ?!

—  On est trop content de vous voir ! C’est une bonne surprise !

Toute l’ancienne classe A s’était réunit dans un bar, c’était toujours de plus en plus compliqué pour eux d’organiser ce genre d’événement. Alors cette fois, ils avaient proposé à leur ancien professeur principal de se joindre à eux.

—  J’suis désolé de m’imposer à votre petite beuverie, mais c’était le seul moyen de le convaincre de venir. Expliqua Hizashi en pointant Shota juste derrière lui.

Tous remercièrent Yamada d’être venue accompagner Aizawa.

Iida fut celui qui les salua de façon plus formelle.

—  Nous sommes tous heureux que vous ayez accepté l’invitation. Merci !

Il y avait une certaine nostalgie à voir ses anciens élèves interagir entre eux comme s’ils étaient encore au lycée. Il y avait toujours cet esprit de camaraderie.

L’ambiance était festive, bien que bruyante.

Shota s’efforça d’écouter un maximum de conversations.

Cependant l’une d’elles attira plus son attention.

—  Au fait vous deux, vous avez eu vos congés ?

Kaminari porta sa pinte de bière à ses lèvres. Ojiro lui sourit largement.

—  Ouais ! Week-end prolongé de trois jours !

—  En général,on arrive à avoir deux jours en même temps tout au plus, et encore…

—  Et vous partez quelque part ou vous restez dans le coin ?

Ojiro attrapa son propre verre.

—  On va partir dans la vieille maison de mes grands-parents, elle sert de maison de vacances pour ma famille donc on en profite !

Cela faisait 4 ans qu’Hitoshi et Mashirao étaient en couple. Ils l’avaient annoncé à leurs anciens camarades et leur entourage juste après la sortie d’hôpital d’Ojiro.

Hitoshi semblait aller mieux et Mashirao rayonnait. Shota était content pour eux.

—  Sensei ! Vous venez avec nous au karaoké après ?!

Aizawa se tourna vers Kirishima et Ashido, qui avaient incontestablement trop bu.

—  Hors de question.

—  Mooooh, vous êtes pas drôle Sensei ! Se lamentèrent-t-ils.

Hizashi, lui riait de la scène.

***

La nuit était froide mais agréable, Shota et Hizashi marchaient tranquillement vers leurs dortoirs à UA.

La soirée avait été bonne. C’était dans ces moments-là qu’Aizawa réalisait que ces sales gosses comptaient énormément pour lui.

—  Je suis fière d’eux.

—  T’as bien attendu de ne plus être avec eux pour le dire à haute voix. Commenta Hizashi

—  Évidemment.