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Bonne fée

Summary:

C'était toujours ainsi. Le regard perçant de Dame Violine ne manquait jamais de la mettre dans tous ses états, d'autant plus quand elle était dans son plus simple appareil.

Notes:

Fic écrite pour le challenge smut du Petit Salon/Sancho d'Écriture, pour le thème Féminisation même si c'est vraiment pas du tout l'angle auquel je pense que la plupart des gens pensent pour ce thème... Mais ça m'a fait vraiment plaisir à écrire...

Cette fic contient des mentions de dysphorie de genre. L'identité de Delphie en tant que femme trans est respectée et son corps est décrit soit avec des termes neutres soit avec des termes féminins. Violine est la stone fem top qu'elle pense être...

Dédicace à Moka!!!!!!!!!!!

Work Text:

Le luxe ostentatoire de la chambre d'hôtel donnait à Delphie la sensation d'être encore plus nue qu'elle ne l'était, comme s'il existait une nudité au-delà du fait de ne porter aucun vêtement. Le froid faisait pointer ses tétons rose pâle, et elle devait lutter de toutes ses forces pour continuer à regarder devant elle, droite comme un piquet, les mains derrière le dos. Elle devait toujours bien se tenir lorsqu'il s'agissait de subir une inspection.

Violine, vêtue de sa robe la plus raffinée, pleine de froufrous et de jolies dentelles aux motifs élaborés, l'observait sous tous les angles, son habituel léger sourire amusé aux lèvres. Cela devait faire bien cinq à dix minutes que la dresseuse de type Fée la regardait, et Delphie commençait à frémir malgré ses efforts pour ne pas bouger d'un pouce.

C'était toujours ainsi. Le regard perçant de Dame Violine ne manquait jamais de la mettre dans tous ses états, d'autant plus quand elle était dans son plus simple appareil. Simplement penser au fait que Violine pouvait en ce moment voir ses seins bourgeonnants ou, bien pire, ce qu'elle avait entre les jambes, suffisait presque à la réchauffer toute entière. Il ne faisait aucun doute que son trouble avait déjà été remarqué. Ses joues étaient brûlantes et elle pouvait sentir la sueur couler sur sa nuque. L'anticipation de ce qui allait suivre rendait le tout dix fois pire.

À choisir, elle aurait encore préféré un combat pokémon. Mais ce n'était pas le sujet, ou du moins pas pour le moment.

— Ma très chère et fidèle Delphie, dit Violine de son habituel ton sirupeux. J'ai ouï dire que quelque chose à propos de votre apparence vous tracasse, ces derniers temps. J'aimerais l'entendre de votre propre voix, si vous le voulez bien.

Delphie se râcla la gorge. Elle savait très bien de quoi il était question, et elle n'avait aucune idée de comment Violine avait pu l'apprendre. C'était une de ces choses inexplicables qui la rendaient si... dangereuse. Le cœur de Delphie battait fort dans sa poitrine. La crainte d'être jugée, l'embarras, l'excitation, tous ces sentiments se mêlaient en elle dans un cocktail presque enivrant. Il n'y avait vraiment que Dame Violine pour lui faire un tel effet.

— Je... commença-t-elle avec hésitation, les yeux baissés, les lèvres entrouvertes.

Les mots n'arrivaient pas à sortir. Elle qui était si fière, qui pensait pouvoir tenir tête à n'importe qui, se retrouvait impuissante non seulement face à Violine mais surtout face à ce qu'elle ressentait. Cela la frustrait au plus haut point, et elle était certaine que Violine pouvait le voir dans son attitude, sur son visage.

Une main douce et légère se posa sur son sein gauche. Delphie retint son souffle. Elle se mordilla la lèvre. Violine la regardait attentivement, à l'affût de la moindre réaction.

— Delphie chérie, il est de rigueur de répondre lorsqu'on vous pose une question.

— J–je suis désolée, Dame Violine... La vérité, c'est que...

Oh, elle n'allait quand même pas se mettre à pleurer... Delphie prit une grande inspiration et tenta de se reprendre, osant même tourner la tête pour affronter le regard attendri de la jeune femme à qui elle avait prêté allégeance.

— M–mes seins... J'ai l'impression qu'ils ne poussent pas... Ou pas assez...

Rien que de l'admettre, elle se sentait encore plus pathétique. Porter des soutifs rembourrés la faisait se sentir un peu mieux dès lors qu'elle était habillée, mais une fois nue, elle devait affronter l'évidence : son corps ne changeait pas assez vite à son goût. Elle avait déjà de la chance d'être assez fine pour qu'il suffise de quelques tours de Violine pour que son apparence soit modifiée du tout au tout... Pourtant, ça ne l'empêchait pas de continuer à détester ce corps qui refusait de lui obéir.

Le sourire de Violine s'élargit. Elle serra le sein dans sa main, légèrement, jusqu'à enfoncer ses ongles dans la chair tendre. Delphie pressa les lèvres pour retenir un gémissement.

— C'était donc ça ! s'exclama Violine. Vous savoir si peinée me fait de la peine également, ma douce Delphie... Je dois absolument remédier à cela.

Elle s'éloigna dans une pirouette et un tourbillon de dentelles roses, pour revenir quelques secondes à peine plus tard, un objet à la main, dissimulé derrière son dos. Delphie déglutit.

Les méthodes de Violine quand il s'agissait de s'occuper de la dysphorie de sa subordonnée sortaient plutôt de l'ordinaire. Ou, en tout cas, Delphie ne pensait pas que maquiller et faire porter des vêtements féminins aux femmes qui n'osaient pas l'être était quelque chose de forcément recommandé. Malgré ces réserves, l'enthousiasme sincère de Violine était un baume qui valait bien toutes les thérapies du monde.

Ça, et le traitement hormonal tout frais payé.

— Que vous n'arriviez pas à apprécier nos progrès m'attriste énormément, dit Violine. Mais n'ayez crainte ! Violine sait exactement ce qu'il vous faut.

D'un geste élégant mais néanmoins décidé, Violine dévoila ce qu'elle tenait dans sa main : une cravache rose vif dont l'embout avait la forme d'un cœur. Ce n'était pas la première fois que Delphie voyait ce genre d'accessoires, mais l'objet en lui-même était une nouveauté dans leur collection. Une nouveauté que sa propriétaire avait clairement hâte de pouvoir enfin tester.

Sans même que Violine ait à lui ordonner, Delphie se redressa un peu plus, pour bien mettre en avant la poitrine dont elle avait tant honte. Violine rit, sans nul doute enchantée par sa capacité à savoir exactement ce qu'on attendait d'elle. Delphie ne put s'empêcher de s'en sentir fière.

— Avant de commencer, n'oublions pas les règles de politesse, dit Violine en tapotant la cravache contre sa paume. Que doit-on dire après chaque coup, ma chère Delphie ?

— Merci Dame Violine, récita Delphie sans l'ombre d'une hésitation.

Violine rit à nouveau. Puis elle prit position, la main levée, et assena un premier coup sur le sein de Delphie, au bord du mamelon. La douleur piquante l'aurait fait vaciller sans son entraînement. Elle serra les dents et se concentra sur la sensation qui venait juste après, une autre forme de douleur, chaude et palpitante, qui lui vidait l'esprit.

— Merci Dame Violine.

Un second coup claqua contre son autre sein, un peu plus fort. L'extrémité de la chavache fouetta contre son téton dressé et Delphie ne put retenir un léger bruit. Violine ne s'en formalisa pas. Delphie se tint encore plus droite, la tête bien haute, les seins endoloris.

— Merci Dame Violine !

Le rythme s'établit après les premiers coups, sans s'arrêter. Un sein après l'autre. Delphie gardait les yeux rivés droit devant elle, mais elle n'avait pas besoin de les voir pour sentir la chair à vif. Ils lui semblaient déjà avoir doublé de volume, et elle était déjà résignée à passer la semaine suivante les tétons bandés, trop sensibles pour subir le frottement des vêtements.

Il y avait autre chose, bien sûr. L'excitation. Le souffle court, son corps tout entier parcouru de picotements chauds, Delphie flottait presque sur un nuage de stimulations intenses. Elle était si trempée qu'elle craignait un peu pour la moquette, mais si Violine lui demandait de nettoyer, elle le ferait sans hésiter.

— M–merci, Dame Violine... souffla-t-elle après ce qui lui semblait être le centième coup.

Elle pouvait sentir son sang battre dans chaque centimètre de chair qui recouvrait ses seins. Elle commençait à flancher, sa posture vacillante, sa voix tremblante. Violine, miséricordieuse, laissa tomber le bras tenant la cravache, signe qu'elle en avait fait assez pour cette fois.

À la place, elle porta son attention entre les jambes de Delphie, là où l'intéressée n'aimait habituellement pas trop s'attarder. Du bout de la cravache, Violine tapota le sexe mouillé, gentiment, les yeux levés vers le visage rouge vif de Delphie.

— Ma délicieuse Delphie, vous ne devriez pas avoir tant honte de ça non plus ! Un si joli petit clitoris...

La gorge nouée, Delphie déglutit difficilement. Le ton mielleux aurait pu sembler moqueur, mais elle savait que l'appréciation et l'affection de Violine était on ne peut plus authentique. Le plaisir et l'embarras se mêlaient dans son esprit alors qu'elle ne pouvait retenir les lents et légers mouvements de son bassin, à la recherche d'un peu plus de sensation.

Au moins, elle n'avait plus d'érections. Quand Violine lui vantait les mérites de son clitoris, elle arrivait presque à la croire. Elle était, il fallait l'avouer, assez persuasive.

En temps normal, Delphie aurait refusé d'être touchée à cet endroit. Elle était si émoustillée, si en harmonie avec son corps à force de ressentir douleur et plaisir, qu'elle se laissa guider, juste pour cette fois, lâchant simplement un soupir quand Violine redoubla ses attentions, roulant la cravache autour du gland dégoulinant.

— Ma ravissante Delphie, s'extasia Violine. Resplendissante ! Si dévouée et obéissante ! La plus jolie femme de tout Illumis ! Après moi, évidemment...

Delphie sentait son orgasme monter lentement, comme des chatouilles grimpant le long de ses cuisses, un relâchement des muscles de son bas ventre qui promettait une explosion qui risquait de la faire tomber à genoux. Elle gémissait, se tortillait de plus en plus, chaque mouvement secouant ses seins pour lui rappeler la brûlure diffuse laissée par les coups assénés par l'objet qui servait maintenant à la masturber. Elle se frottait les jambes, secouait un peu les hanches, s'abandonnait à une danse qui, elle en était sûre, faisait jubiler sa tourmenteuse.

Pour l'achever, Violine profita de son manque de concentration pour donner une légère claque à son clitoris déjà bien trop excité. Delphie jouit avec un cri rauque et une impressionnante giclée que Violine évita d'une énième pirouette.

Delphie allait définitivement être de corvée de nettoyage. À cet instant précis, c'était le cadet de ses soucis, parce qu'elle n'avait tout simplement plus aucun souci du tout. Tout ce qui la tracassait – ses performances en combat pokémon, les événements récents qui avaient mis Illumis sens dessus dessous, l'avancée de sa transition – lui paraissait soudain sans importance. S'il y avait un problème, elle pourrait le régler, en compagnie de Violine, comme toujours.

— Comment vous sentez-vous, ma chère et tendre ? demanda Violine.

Son sourire serein acheva de rassurer Delphie.

— Je crois que ça va mieux.

— Quelle excellente nouvelle ! Laissez-moi vous débarbouiller avant qu'on ne vous rhabille.

Sur ces mots, Violine sortit un mouchoir brodé de soie de quelque part dans sa robe et entreprit d'essuyer consciencieusement l'intérieur des cuisses de Delphie, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Quand elle fut satisfaite, elle se redressa et se dirigea vers le lit où elles avaient laissé la tenue de femme de chambre.

Les jambes de Delphie étaient encore un peu molles. Elle accueillit donc l'aide offerte avec reconnaissance. Ensemble, elles enfilèrent chaque vêtement sur chaque membre : bas, culotte, soutien-gorges, robe, tablier... Violine prit particulièrement soin de ne pas trop stimuler les seins de Delphie, même si son expression affamée trahissait son désir.

Delphie put enfin observer l'ampleur des dégâts laissés par la cravache. Ses seins avaient en effet enflé, assez pour que ce soit visible, et ils étaient couverts de marques qui commençaient lentement à noircir pour devenir des bleus qui, à n'en pas douter, allaient mettre des semaines à disparaître entièrement. Si autant que Violine allait leur en laisser le temps. Il était fort possible qu'elle convoque à nouveau Delphie pour une nouvelle session.

Cette perspective lui donnait déjà des bouffées de chaleur. La friction de ses tétons appuyés contre le soutien-gorge n'arrangeait rien.

Pendant qu'elle était perdue dans ses pensées, Violine avait déjà sorti son coffret de maquillage. Après avoir dégagé le visage de Delphie avec des barrettes coincées dans ses longs cheveux, elle appliqua chaque élément avec la même assiduité. Les premières fois, le rituel avait mis Delphie mal à l'aise, honteuse de s'adonner à ce qu'elle pensait à l'époque être une perversion. Maintenant, elle le trouvait presque... réconfortant.

Pour finir, Violine brossa ses cheveux pendant de longues minutes, puis elle aida Violine à refaire sa natte. Le nœud et la coiffe achevèrent le tout. Même si Delphie prétendait détester porter cet accoutrement, force était d'admettre qu'à force elle se sentait à son aise. C'était devenu son uniforme, dans tous les sens du terme.

Une fois rhabillée, Delphie se laissa entraîner vers le grand miroir de la chambre. Dans le reflet, elle se vit elle-même, debout à côté de Violine qui lui faisait un grand sourire.

— Voyez comme vous êtes belle et féminine ! J'ose espérer que vous ne me croyez pas capable de me montrer en public en compagnie d'une femme qui n'arriverait pas à ma hauteur !

C'était un argument plutôt recevable, et Delphie devait bien avouer qu'elle avait raison. La jeune femme qui la fixait dans le miroir était d'une beauté déconcertante. Le teint frais, les cheveux soigneusement coiffés, maquillée impeccablement, vêtue d'une tenue qui mettait en valeur ses formes naturelles... C'était une femme comme celles qu'elle imaginait il y a des années, quand elle refusait encore de faire face à ses sentiments, une femme qu'elle n'avait jamais pensé pouvoir devenir un jour.

Voilà qu'elle devenait encore sentimentale... Si elle continuait à se laisser aller, Dame Violine allait vraiment finir par croire qu'elle était plus fragile qu'elle n'en avait l'air...

Plutôt que de se laisser aller à verser des larmes, Delphie s'accorda un sourire.