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J'ai tant rêvé de toi

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Temps présent

- Ava ? Ava Silva ?

L'actrice détacha enfin son regard d'un étal de fruits et légumes. Ses yeux étaient restés rivé sur les pommes qu'elle tenait dans ses mains depuis Dieu sait combien de temps, pour se retrouver face à une femme qu'elle ne connaissait pas.
Cette dernière, surexcitée, poussa son cadis en direction d'Ava, la heurtant presque.

- Incroyable ! Je suis une de vos plus grandes fans! J'ai a-do-ré votre dernier rôle de warrior badass !
- Ah... Euh... Merci. Répondit distraitement l'actrice.

Ce détachement ne ressemblait pas à la jeune femme, elle qui recevait d'habitude ses fans de la manière la plus enjouée qui soit. La dame sembla quelque peu déçue.

- Bon... Euh... On peut faire une photo ?

Ava tenta de reprendre ses esprits.

- Une photo ? Ah... Euh... Oui bien sûr.

Ava s'avança vers sa fan qui pointa son téléphone en mode selfie et agrippa énergiquement la jeune actrice. Les deux femmes forcèrent un sourire. Le moment passa. Ava se retrouva rapidement seule avec ses pensées, au milieu du supermarché, une pomme toujours dans chaque main.

Des morceaux de sa récente conversation avec Jillian Salvius tournaient en boucle dans sa tête.
Le lendemain de sa dernière nuit avec Béatrice ; laquelle avait été inoubliable mais, à l'image de la première, dénuée d'explications ; Ava avait été reçue par la célèbre psychologue pour une séance en présentiel avant son départ du centre.
« Ava, je dois vous prévenir, beaucoup de facteurs indiquent que vous êtes quelque part toujours connectée à Béatrice. Quand vous sortirez d'ici et reprendrez le cours de votre vie normale, vous devez vous attendre à ressentir des émotions qui ne sont pas les vôtres... Il faut vous y préparer. ».

Etait-ce pour cela que l'actrice se sentait si déprimée ? Déconnectée ? Ces émotions appartenaient-elles à Béatrice ?

Cela ne changeait rien au fait qu'Ava redoutait ce fameux retour « à la vie normale ». C'était une chose de vivre avec J.C en sentant qu'elle ne lui disait pas tout, c'en était une autre de lui cacher son aventure au centre médical. D'autant plus qu'elle serait amenée à y retourner.
La jeune femme se sentait perdue. Elle n'avait jamais imaginé partager ce qu'elle avait eu avec J.C avec quelqu'un d'autre. Qu'il s'agisse de se confier sur sa vie, ou bien d'intimité physique.
J.C n'était pas son premier copain, mais il était définitivement son premier amour.

Cette pensée mis Ava en mouvement. L'actrice lâcha les fruits et sortit du magasin à la hâte, les mains vides. Il fallait qu'elle parle à J.C, qu'elle lui explique que tout n'était pas si simple, qu'elle était liée à Béatrice et que c'était aussi l'exercice de ce pouvoir surnaturel qui la ramenait à elle.
Ava conduisit distraitement jusqu'à chez elle, évitant de peu un accident au dernier carrefour avant son lotissement.

Arrivée devant sa porte, elle hésita un instant puis inséra sa clef dans la serrure et ouvrit. Elle entra et ne tarda pas à tomber sur son fiancé assis à la table de la salle à manger, plongé dans la lecture du courrier.

- Hey, lança-t-il avec un petit sourire. Alors, on rentre les mains vides ? Je croyais que tu faisais des courses...
- J.C... Il faut qu'on parle de quelque chose...

Son fiancé leva les yeux de son courrier, visiblement surpris.

- Tout va bien ? Demanda-t-il sans trop y croire. J'ai remarqué que tu étais... Comment dire... Absente ces temps-ci.

Ava s'approcha de J.C, bien décidée à avoir cette conversation. Elle se l'était imaginé des dizaines de fois déjà dans son esprit. Elle savait ce qu'elle devait dire.
Mais au moment où elle ouvrit la bouche pour parler, Ava fut prise d'une intense douleur dans l'avant bras droit, comme un puissant choc électrique.
L'actrice se saisit le bras et poussa un cri.

- Ava ! S'inquiéta son fiancé qui s'avançait déjà pour la prendre dans ses bras. Ava, qu'est-ce-qui t'arrive ?

La jeune femme s'accroupit pour tenter de contrôler la douleur. Son attention se porta alors sur la zone qui la brulait. Ava fixa son bras pour déterminer la source de sa souffrance physique  : l'endroit exact où le tracer avait été implanté dans le bras de Béatrice.

- Béatrice …
- Ava ? Tu peux m'expliquer ce qui se passe ? Qu'est-ce que cela a à voir avec Béatrice ? Tu parles de Béatrice Young ?

La douleur commença a s'atténuer puis disparu totalement. Ava se releva, et se mis à tourner en rond en parlant toute seule.

- Elle a dû essayer de se téléporter... Mais pourquoi est-ce qu'elle aurait fait ça sachant qu'elle est au courant pour le tracer et pour le choc électrique ? Il a dû se passer quelque chose !
- Ava ! S'époumona J.C. Arrêtes-toi une seconde et parles moi !
- Plus tard ! J.C, je suis désolée, mais là tout de suite, j'ai besoin que tu me laisses régler ça.

Ava attrapa ses clefs et son téléphone et sortit de la maison sans un mot de plus, sous le regard consterné de son fiancé.

L'actrice monta dans sa voiture, la démarra, puis enclencha le bluetooth pour passer un coup de téléphone pendait qu'elle conduisait.
Avec la commande vocale, elle entreprit d'appeler Jillian Salvius, et pria pour que cette dernière décroche, malgré son emploi du temps surchargé.
Après cinq sonneries, le docteur décrocha.

- Ava ?
- Docteur Salvius ! Bonjour... Je vous remercie de prendre mon appel, j'ai absolument besoin de vous parler.
- Ava, tout va bien ?

La voix du Docteur Salvius avait un tonalité étrange, comme si elle s'attendait à cet appel mais en était à la fois très surprise.

- Non, pas vraiment. Et je veux savoir si Béatrice va bien... Est-il arrivé quelque chose ?

Ava perçut un bruit dans la pièce, un bruit sourd, comme si quelqu'un s'était cogné contre un objet lourd.

- Ava... Reprit le docteur... Béatrice va bien. Est-ce-que vous voulez m'expliquer ce qui vous arrive ?
- A-t-elle tenté de se téléporter ? Je veux la voir... Je l'ai senti...
- Ava...

Cette fois-ci l'actrice reconnu la voix de Béatrice, dans la fond de la pièce. Cette dernière avait dû entendre des bribes de la conversation étant donné que la jeune femme hurlait presque dans l'habitacle de sa voiture.

La simple écoute de son prénom prononcé par Béatrice avec une voix si faible et si inquiète bouleversa Ava. Cette fois-ci, elle était bien décidée à prendre le contrôle de la situation.

- Laissez-moi revenir au centre, donnez moi seulement des coordonnées, je retrouverai l'endroit en utilisant une carte...pas de données...
- Ava... Reprit calmement Jillian Salvius. Vous devez comprendre qu'il est essentiel pour nous de protéger Béatrice. Il est hors de question de vous révéler où elle se trouve. Vous n'êtes même pas sensée savoir qu'elle est actuellement avec moi.
- Bien, répondit Ava, manifestement déterminée au plus haut point. Vous ne voulez pas me répondre ? Je vais trouver moi même. Laissez-moi juste vous dire que vous sous-estimez mes capacités à GeoGuessR et ma mémoire extraordinaire.

 

***

 

Jillian Salvius raccrocha le téléphone fixe de son bureau, et son regard trouva immédiatement celui de Béatrice.

- Qu'est-ce-qui vient de se passer Docteur ? Demanda vivement la jeune femme, assise sur le canapé réservé aux patients, frottant douloureusement son avant bras droit.
- J'ai l'impression... Commença le médecin. Je crois bien qu'Ava a ressenti l'impulsion électrique du tracer quand vous avez involontairement déclenché une téléportation.
- Comment est-ce possible ? Béatrice fut prise de panique. Est-ce-qu'elle va bien ?
- Apparemment suffisamment bien pour prendre le volant et partir à votre recherche, répondit Salvius, dont le ton trahissait un mélange d'étonnement et d'inquiétude.

Béatrice, raide comme un piquet, était assise sur le canapé et fixait son médecin avec une expression de désarroi.

- Elle n'a aucune idée d'où nous nous trouvons, reprit la jeune femme après un moment, d'une voix détachée, presque mécanique. Je suppose que votre équipe lui a bandé les yeux lors de sa première visite...
- En effet, répondit Jillian Salvius d’un air pensif... Cependant, cette jeune femme m'a l'air pleine de ressources... Et excessivement entêtée.

La jeune femme releva la tête en direction du bureau du docteur, qui s’efforça de cacher un léger sourire.

- Béatrice, reprit-elle sérieusement. Je tiens à m'excuser pour ce malheureux incident. J'aurais dû anticiper la possibilité du déclenchement d'une téléportation involontaire pendant une séance d'hypnose aussi délicate que celle-ci.

La jeune femme répondit en s'excusant à son tour, sans s'expliquer pourquoi ; encore cette fichue culpabilité qui refaisait surface à la moindre occasion de se blâmer pour tous les malheurs de ce monde.
Elle se leva pour prendre congé de Jillian afin de trouver un peu de repos dans ses quartiers privés. Une fois sur le seuil de la porte, la jeune femme se retourna un dernière fois vers elle.

- Qu'allez vous faire pour... Ava ?
- Que voulez-vous dire ? Lui répondit le docteur, qui semblait deviner la vraie nature de sa question.
- Et bien... si elle...si elle débarque ici ? Si elle s'avère être plus difficile à contrôler que vous ne le pensiez ?

Jillian tourna la chaise de son bureau pour faire totalement face à Béatrice, et lui lança un regard pénétrant.

- Si elle arrive jusque ici … Nous en reparlerons... En attendant, reposez-vous et rechargez vos batteries. Bonne soirée Béatrice.

 

***

 

« Fuck, fuck, fuck ! »

Ava était totalement perdue.
La jeune femme était arrêtée sur une route de nuit, phare allumés, au beau milieu d'une forêt de pins.
Elle plaça ses deux index de part et d'autre des ses tempes, et ferma les yeux, pour tenter de se concentrer.

« Allez... Foutue mémoire... C'est pas le moment de me lâcher... OK, le virage numéro seize était bien à gauche, c'était juste avant d'entendre ce sanglier hurler... Après, le chauffeur a dit un truc comme : « Vous faîtes toujours autant de blagues en voiture Madame Silva ? », pff mais quel mec sinistre celui là... Ok je m'égare ! Concentre-toi ! »

Ava regarda en direction d'une route étroite qui partait sur la droite. En plissant la yeux, elle distingua quelque chose. L'actrice entreprit d'éteindre ses phares pour vérifier. Une fois dans l’obscurité totale, elle laissa à ses yeux un moment pour s'y habituer. Une minute plus tard, elle commença à voir apparaître une faible lumière au loin.

« Cinq minutes... Il est sensé rester cinq minutes entre le dernier virage et le parking. »

La jeune femme alluma de nouveau ses phares, enclencha le chrono de son téléphone, et démarra la voiture en direction de la route étroite qui partait sur la droite.

 

***

 

« Yes ! Yes ! Je le crois pas ! Ahah ! »

Ava trépignait de joie en descendant de sa voiture. Il devait être plus de minuit quand l'actrice atteignit enfin sa destination. Elle avait du mal à croire qu'elle y était arrivée. Sans doute la plus belle réussite de sa mémoire et de ses talents de déduction depuis longtemps !
De l'autre côté de l'immense barrière qui lui faisait face, l'actrice reconnaissait le parking sur lequel on lui avait débandé les yeux il y avait une semaine de cela, même si, de nuit, l'environnement était très différent. La zone était faiblement éclairée, et la forêt, qui s'étendait autrefois à perte de vue, n'était plus qu'une immense masse noire et inquiétante.
Le bâtiment de l'OCS (lequel, lui avait-on expliqué, signifiait Observatoire des Cas Surnaturels), ressortait cependant, de par son éclairage froid et clinique, qui rendait le complexe moderne peu accueillant. Les lignes de l'édifice étaient épurées, le design minimaliste.

Ava s'avança vers le portail, situé à une centaine de mètres sur bâtiment. La jeune femme réalisa alors qu'elle n'avait même pas eu le temps de penser à ce qu'elle allait dire en se présentant. Elle s'était imaginée débouler dans le bureau de Jillian Salvius, furieuse, mais n'avait pas pensé au fait qu'elle arriverait au beau milieu de la nuit, quand il était probable que tous les travailleurs de l'OCS seraient rentrés chez eux ou bien endormis quelque part dans le Centre.

L'actrice décida de tenter tout de même sa chance et sonna à l'interphone. Une voix masculine répondit après le cinquième bip :

- Sécurité ?
- Bonsoir, répondit immédiatement Ava. Je suis Ava Silva... Je suis venue ici il y a une semaine pour une série d'examens. J'ai besoin de voir Béatrice Young de toute urgence !
- Bah voyons, répondit le garde, la voix moqueuse. Et puis quoi encore ? Si vous êtes encore cette fan obsédée par mademoiselle Young, je vous suggère de vous tirer vite fait avant que je sorte avec mes chiens. Ava Silva... Comme si j'allais vous croire...
- Monsieur ! L'interrompit la jeune femme, manifestement indignée que son identité soit remise en cause. C'est très sérieux, je suis revenue au Centre avec des informations essentielles pour les recherches menées autour du cas de Béatrice.
- Béatrice ? Bah vous gênez pas ma petite dame, vous voulez pas lui coller un surnom aussi ? C'est pas la première fois qu'on me le fait, ce coup là, vous vous imaginez pas le nombre de gens qui ont essayé de rentrer en contact avec elle... Bref je devrais même pas vous parler de ça... Virez moi d'ici !

Ava entendit le micro se couper. Un silence se fit, sous le regard abasourdi de la jeune femme.

- Enfoiré de mes d...

L'actrice frappa deux coups sur l'interphone, lequel ne lui offrit en retour qu'un bip strident et dissonant.
L'air se chargea d'humidité, et Ava sentit des premières gouttes perler sur son visage. La jeune femme se sentit soudain épuisée, consciente que le mur qu'elle se prenait après l'ascenseur émotionnel de cette journée l'avait achevé.
Elle appuya son visage contre les grilles du portail, serra les dents, et essaya de penser à l'attitude à adopter.
La pluie s'intensifia, et ses vêtements se retrouvèrent rapidement trempés. Ava releva la tête vers le ciel.
Et merde...

L'actrice, résignée, retourna vers son véhicule pour se mettre à l'abri, et s'installa sur le siège conducteur. Elle démarra le moteur et alluma le chauffage. La radio se mis en marche et diffusa une musique au rythme relaxant. Les éclairages automatiques du portail s'éteignirent, et il ne resta plus que la faible lumière du poste de radio pour remédier à l'obscurité totale.
Un petit bruit attira l'attention d'Ava, qui jeta un œil sur le côté droit, en direction du siège passager. Elle poussa un hurlement de surprise.

- Bordel de Dieu !
- Ava... Répondit calmement Béatrice, de l'amusement dans la voix. Des insultes à caractère religieux ? Tu es décidément pleine de surprises.
- Béatrice... Reprit Ava en se tenant la poitrine avec ses deux paumes de mains. Non mais ça va pas la tête ! J’ai eu une de ces peurs, tu pouvais pas arriver plus discrètement ?

Béatrice l'observait avec tendresse, manifestement pas rongée par la culpabilité d'avoir terrorisé sa voisine. Elle baissa les yeux.

- Je me doutais que tu arriverais jusqu'ici...
- Comment tu as pu me rejoindre sans te faire repérer ? Lança immédiatement Ava qui avait désormais un million de questions à poser à Béatrice.

Le visage de la jeune femme s'éclaira.

- Tu n'es pas la seule à avoir quelques talents cachés... J'ai moi même une ou deux connaissances dans l'art de la dissimulation...

Et devant le regard interrogateur d'Ava,

- Je ne me suis pas téléportée Ava, je sais seulement me déplacer sans être vue des caméras ni de quiconque.

La pluie devenait torrentielle. Le petit poste de radio éclairait toujours faiblement les deux visages des jeunes femmes. Ava baissa les yeux sur les cheveux détachés et trempés de sa voisine. Une épaisse buée s'était formée sur les fenêtres en raison du chauffage qui soufflait beaucoup trop fort.

- Béatrice... Reprit Ava... Je l'ai senti...
- Je sais Ava, je suis désolée, répondit Béatrice en dégageant une mèche du visage de l'actrice, et en caressant doucement son visage. Ne t'inquiètes pas, il n'est rien arrivé de grave... Une malheureuse téléportation involontaire durant un exercice.
- Est-ce-que tu ressens... Hésita la jeune femme. Est-ce-que toi aussi, tu ressens des émotions qui sont les miennes ?

Béatrice regarda Ava, tiraillée par l'envie de lui dire qu'elle ressentait tout, comme si elles ne formaient désormais plus qu'un seul être chaotique, et qu'elle ne le regrettait pas un instant, que pour la première fois depuis une éternité elle ne se sentait plus seule.
Mais dire tout cela aurait été égoïste, alors la jeune femme répondit simplement :

- Qu'est-ce-que tu ressens Ava ?

L'actrice lança un regard fragile à sa voisine.

- Je me sens... Perdue... Mélancolique...

Béatrice observait Ava avec compassion. Cette dernière prit un moment avant de continuer.

- … Irrésistiblement attirée.

Les yeux de Béatrice se levèrent vers ceux d'Ava. Les deux jeunes femmes s'observèrent un instant. La radio s'éteignit, et la lumière avec, les plongeant dans le noir complet. Ava sentit la main de Béatrice lui caresser doucement la joue, puis elle sentit des lèvres charnues se poser sur les siennes, délicatement. Ce contact électrisa immédiatement le corps de l'actrice, qui intensifia le baiser sans hésiter.
Ava s'attendait à ce que la situation suive le même cours que les fois précédentes, et elle commença à retirer un des ses vêtements quand Béatrice l'arrêta.

- Ava... Est-ce-que ce soir, tu peux juste... Me serrer dans tes bras ?

L'actrice ne pouvait pas voir sa voisine mais elle entendait sa voix presque tremblante.

- Bien sûr... Ava enroula délicatement ses bras autour du corps encore trempé de Béatrice, et tenta de lui communiquer sa chaleur et son affection.

Les deux jeunes femmes restèrent un moment ainsi, enveloppées par le murmure de la pluie et le souffle chaud du moteur.