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C'était la fin. Son plan arrivait à son terme. Il ne lui restait malheureusement (ou heureusement, cela dépendait des points de vue.) plus très longtemps à vivre.
William était fatigué. Cela faisait plusieurs jours qu'il traversait la ville dans tous les sens pour tuer les nobles présents sur sa liste. Il était fatigué. Mais il devait continuer. C'était bientôt fini. Bientôt.
Bientôt Sherlock le tuera, où il se suiciderait peu importe, mais il allait mourir. C'était écrit. C'était son destin.
~
Il était actuellement dans son domaine, à Londres. Il était arrivé la semaine passée avec Louis, la fin de la pièce se passerait ici après tout. Les acteurs principaux se devaient de venir en avance.
Il écrivait. Il écrivait une lettre qu'il irait lui-même livrée dans la soirée. Elle était destinée à cet homme, Sherlock Holmes. Cet homme qui l'égalait, cet homme avec qui il appréciait discuter. Cet homme qui l'intriguait. Cet homme qu'il... aimait.
Oui, Il avait enfin compris ces sentiments après tout ce temps passé ensemble. Il l'aimait. Mais cet amour était impossible, il le savait bien. C'était un détective, et lui un criminel. C'était comme ça.
Alors, se sachant incapable de l'avouer à voix haute à l'homme de son cœur. Il écrivait. Ses sentiments, son état d'esprits, sa requête... Il écrivait tout ça. Il lui remettrait en main propre. Il pouvait au moins faire ça. Il espérait juste que tout se passe bien. Il ne devait rien montrer, se cacher, ignoré ses sentiments comme il l'avait toujours fait.
On toqua à la porte de sa chambre.
"Grand frère, je t'ai préparé un thé." Dit Louis de l'autre côté de la porte.
"Entre" répondis William, levant enfin les yeux de sa lettre depuis ce qui lui paraissait être des heures.
La porte s'ouvrit alors, laissant entrer son frère avec un plateau. Il lui servit un thé comme annoncé.
"Que fais-tu grand frère ? À qui écris-tu ?" Demanda Louis curieux.
William souri, "j'écris, à Sherlock Holmes" répondit-il. Son frère fit la grimace.
"Ça n'a pas l'aire de te plaire, Louis, pourtant, il va être très important pour la pièce finale." Continua William amusé par la réaction de son frère.
Louis soupira. "Je sais..." dit-il en baissant les yeux avec un air triste.
William lui sourit, "Ne t'inquiète pas pour moi. J'ai fait ce que je devais faire."
Le plus jeune hocha la tête avant de se tourner vers la porte, quittant la pièce. "Tu devrais te reposer un peu avant ce soir, ça te fera du bien…" dit-il avant de fermer la porte, ce qui fit à nouveau sourire le plus âgé.
Son petit frère allait lui manquer. Mais lui devait vivre. Il devait voir ce monde qu'ils avaient créés. Il se débrouillera sans lui. Tout comme les autres membres du groupe. Lui seul devait mourir.
Il était fatigué. Aussi bien physiquement que psychologiquement, il était fatigué. William fini d'écrire sa lettre, concluant par un 'je t'aime, Sherly.' Après avoir hésité pendant plusieurs minutes, avant de se laisser tomber sur son lit. Il allait suivre les conseils de son frère, il était fatigué, une petite sieste ne lui fera pas de mal.
~
Baker street. Deux cent dix-neuf... Deux cent vingt... Deux cent vingt-et-un B.
Il était face à cette porte. Cette porte appartenant à Sherlock. Il faisait nuit. Les lumières étaient éteintes. Pour autant, Sherlock ne dormait pas, et ça, William le savait.
Il ouvrit la porte qui, comme il s'y attendait, était déverrouillé. Sherlock attendait sa visite.
Il monta à l'étage, jusqu'à la chambre de l'homme aux cheveux bleu foncé, et toqua doucement, avant d'ouvrir sans même attendre de réponse. A quoi bon ? Il l'attendait.
Et en effet, il était là, assis sur un fauteuil une cigarette à la main, éclairé par la lumière de la pleine lune. Il était magnifique, pensa William, le fixant quelques secondes.
Puis, il referma la porte derrière lui et mit sa main dans sa veste, vérifiant que les lettres y étaient toujours ; la blanche, avec le lieu et l’heure de l’acte final, et la noir qu’il écrivait plus tôt, avant d'entamer la conversation.
"Bonsoir, Mr. Holmes." Dit-il calmement.
"Liam..." fut la réponse, pleine d'appréhension. Avant que Sherlock ne se lève et se rapproche doucement de lui. William ne bougea pas, et l'homme fini par s'arrêter à environ un mètre de lui.
"Je suis venu t-" commença-t-il avant d'être coupe par Sherlock.
"Liam !" Répéta-t-il fermement, frappant sa main contre la porte juste à côté de la tête de William, ce qui le fit sursauter légèrement. Sherlock le regardait maintenant dans les yeux.
Ils restèrent comme ça un moment, William regardant Sherlock les yeux écarquillés. Sherlock le fixant droit dans les yeux.
William le fixait silencieusement, sentant sa résolution lui échapper des mains. Il n'allait pas tenir longtemps, il devait partir, vite, avant de faire quelque chose qu'il regrettera...
Il baissa la tête et sortit les enveloppes de sa poche les posant sur la table, puis le blond écarta le bras de Holmes et se tourna approchant sa main de la poignée de porte. Il hésita.
En une fraction de seconde il était de nouveau dos à la porte. Mais cette fois, une main tenait son poignet. Un bras était contre la porte, à côté de sa tête. Et plus important, des lèvres douces et chaudes était posées sur les siennes.
Il ferma les yeux.
Une larme coula sur sa joue.
Il avait perdu.
Lorsqu'ils se séparèrent, l'homme aux cheveux noir mit son front contre celui du blond qui pleurait maintenant sans faire un bruit et s'agrippait à la chemise de Sherlock comme si ça vie en dépendait...
C'était le cas.
Sans ce baiser, son plan se serait passé à merveille. Qui aurait pu penser que ce soit lui-même, ou plutôt ses sentiments, la faille de son plan ?
William était perdu. Que devait-il faire ? Lui qui prévoyait tout à l'avance était pris au dépourvu.
Une main se posa sur sa joue, ce qui fit lever ses yeux rouges dans ceux aux couleurs de l’océan.
"Sh-Sherly..." dit le blond d'une voix tremblante "que dois-je faire ?"
L'homme face à lui sourit. Un sourire tendre et plein d'amour.
"Liam... je t'ai enfin attrapé..." commença-il. "Je ne te lâcherais plus. Vie, Liam, vie. Et expions nos péchés ensemble."
"Sherly..." gémit faiblement le blond, les yeux larmoyants avant de les fermer et d’embrasser l'homme face à lui. Il mit ses bras autours du coup de Sherlock et pencha légèrement la tête.
Le baisé était remplie d'émotion. Tout ce que les deux hommes ne pouvaient dire faute de mots, incapable d’exprimer ce qu'ils ressentaient.
Ils se séparèrent bien trop rapidement à leurs gouts, par manque d'air.
"Ne me lâche pas..." dit doucement William, ce qui fit sourire Sherlock.
"Jamais Liam." Répondit-il avant de serrer le blond contre lui.
William fondit alors en larme, serrant Sherlock contre lui pleurant sur son épaule. Sherlock le laissa faire, lui caressant doucement les cheveux.
Quand il fut calmé, c'est à dire quelques bonnes minutes plus tard, William était faible, ses jambes le maintenait à peine debout et Sherlock le retenait de tomber.
Ce dernier amena le blond sur le canape, et le fit s'assoir. Il se mit à genoux devant lui, tenant ses mains dans les siennes.
C'était rassurant.
"Je t'aime" dit-il avant même de pouvoir s'en empêcher. Ce qui fit sourire Sherlock Holmes.
Tout allait bien se passer. Tant que Sherlock serait là, avec lui, William n'avait plus rien à craindre. Il sourit à son tour, les yeux et les joues rouges à force de pleurer.
